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Le blog de marie-jeanne jourdan

Wagner , la source de philosophie mise en opéra dans l'anneau de Nibelung.

4 Juillet 2018 , Rédigé par marie-jeanne jourdan Publié dans #musique-littérature

 -Biographie: Richard wagner naquit le 22 mai 1813 à Leipzig, fils d'un chef de police. Parmi ses  huits frères et soeurs trois embrassèrent la carrière théatrâle. Après la bataille de Leipzig  (en Allemagne du 16 au 19 octobre 1813, surnommée "la bataille des nations" et qui marqua le début de la fin pour Napoléon 1er, sa première grande défaite), une épidémie enleva le père de famille qui laissa sa veuve dans une situation précaire. Elle se remaria en 1815 avec Ludwig Geyer, acteur, dramaturge et peintre de portraits; Geyer emmena sa petite famille à Dresde, où l'appelait son engagement, et prit en grande affection le petit Richard (qui avait donc 2 ans) et l'aima comme un père, et dont il voulait faire un peintre. Mais l'enfant ne montrait peu de dispositions pour le dessin et manifestait au contraire un penchant marqué pour la musique. A son tour, son beau père décéda en 1821 quand il eut 8 ans donc. Sa mère également  aimait être entouré d'artistes, en lui enlevant son père quand il était encore nourrisson, le destin, dès son plus jeune âge l'avait plongé dans le monde artistique. A 11 ans il écrivait une 1ère tragédie en cinq actes, sa première composition musicale sera faite un an plus tard. Cette histoire n'est pas sans rappeler celle de Mozard où très tôt les prédispositions d'un enfant sont mises à profit pour une réalisation de génie adulte. A notre époque aussi, certes, des enfants sont privés d'enfance, surentrainés pour devenir des champions dans le domaine sportif ou artistique. Mais là, l'enfant n'est pas coupé de son entourage, c'est le milieu dans lequel il baigne qui détermine une vocation précoce. Une histoire sans doute à méditer. De nos jours on trouve aussi des enfants ayant une réussite adulte, ceux qui par exemple, sont plongés dans le milieu informatique familial, et qui développent une aptitude particulière dans ce domaine. Mais Wagner ne vit pas "cloîtrés" avec sa passion, en 1830, suite aux troubles de juillet, le jeune RIchard tourne uniquement ses pensées vers la politique révolutionnaire, et, s'y jetant à corps perdu, il abandonne toute étude, y compris la musique. Il entre pourtant à l'Université de Leipzig pour suivre les cours d'esthétiques et philosophie, mais il se livre surtout aux extravagances de la vie d'étudiant. Il s'en dégoûte heureusement vite et sent le besoin de se remettre à ses travaux(ce qui n'est pas sans rappeler la jeunesse trotkyste de mai 68 qui finiront par former la bourgeoisie de gauche). 

 

La trilogie de l'anneau de Nibelung, formé de quatre drames ( un prologue - l'or du Rhin - , et trois journées: la Walkyrie, SIegfried, le crépuscule des DIeux.)

-  L'or du Rhin: Alberich, le plus astucieux, le plus avide et le plus hideux des Nibelungs (gnomes), habitant dans les entrailles de la terre, voudrait séduire les nymphes du Rhin. Tour à tour, elles l'attirent, puis se moquent de lui; mais elles lui révèlent par leurs bavardages, la magie du dépôt dont elles ont la garde: l'Or  du Rhin, forgé en anneau par l'audacieux qui saura s'en rendre maître, donnera à son possesseur un pouvoir illimité sur tout l'univers, car il sera plus puyissant que les DIeux mêmes, mais à la dure et formelle condition de renoncer à tout jamais à l'amour. Humilié en amour par les nymphes, ALberich sent s'éveiller en lui une nouvelle convoitise: il renoncera à l'amour pour le pouvoir de domination de l'or. Le fleuve dès qu'il n'est plus éclairé par son joyau, s'emplit de ténèbres, dans lesquelles disparaissent les ondines à la poursuite de l'Alfe ravisseur.

- Les alfes sont des génies tantôt supérieurs et beaux, les alfes lumineux,; tantôt inférieurs, les alfes ténébreux, Alberich était un alfe noir. Ceci n'est pas sans rappeler la gnose dans l'antiquité puis chrétienne, avec un dieu "pur" entouré d'anges lumineux du monde immatériel et les démiurges malfaisants du monde matériel, Yahvé lui même, dans la gnose judéo - chrétienne, devenant le nom du démiurge imparfait du monde matériel ou Satan dans le catharisme. Jésus dans la gnose chrétienne devenant "un être de lumière" chargé de sauver les âmes emprisonnées dans leur enveloppe charnelle. 

Plus près de nous, dans "le seigneur des anneaux" de J.R.R. Tolkien, ouvrage littéraire paru en 1954 et qui donna un film à succès en 2001 avec le réalisateur Peter Jackson, on retrouve cette quête de l'anneau en or qui donne l'avidité du pouvoir et conduit à la mort son porteur, des personnages lumineux et ténébreux à savoir: Les "elfes" , personnages d'un beauté parfaite et leur parallèle, les orques, elfes morts dans la douleur, ramenés des profondeurs de la terre à la lumière par Sauron et son disciple un mage malfaisant tout comme il y a un mage "christianique", Gandal luttant contre les forces du mal. Dans l'opéra wagnérien de l'anneau de Nibelung, Siegfrid est l'archétype du héros grec, comme Hercule, et comme lui est trahi par son père, le plus grand des Dieux, Wogran comme Hercule fut trahi par Zeus, roi des dieux de l'Olympe. 

Quand le dieu Wotan reprend l'anneau par ruse à Alberich, ce dernier lance une imprécation: "Que désormais son charme engendre la mort pour quiconque le portera; ...que celui qui le possèdera soit rongé d'angoisse, et celui qui le possèdera pas dévoré d'envie; ...que nul n'en tire prfit mais soit voué à l'égorgeur; ...que la peur enchaine le lâche,..que le maïtre de l'anneau soit l'esclave de l'anneau,...et cela jusqu'à ce que le Nibelung rentre en possession du bien qui lui est ravi!"

On croirait cet extrait sorti tout droit du roman de Tolkien, et pourtant il est extrait de "l'or du Rhin" de Wagner. La fin de ce prologue de l'opéra met en scène également les trois normes qui filent le fil du destin, tout comme les moires(ou parques chez les romains), qui filent le fils du destin, une le file, une autre répare, la 3e coupe. Wagner croit donc à la prédestinée, l'homme subit son destin plutôt que de le forger, sauf le héros en arme peut changer le destin, protéger du malheur les persécutés. 

Le film de Tolkien met en avant également la cupidité des nains dont le trésor attirera le dragon qui les chassera. Dans l'or du Rhin, le DIeu Wotan a promis sa fille Fréïa déesse de la jeunesse, de l'amour et de la beauté aux géants Fasolt et Fafner pour paiment du palais construit à la demande de son épouse qui espère y garder son époux volage! Mais dès que la déesse de la jeunesse s'éloigne, les dieux semblent vieillir, Wotan s'est donc emparé de l'anneau pour payer la rançon de la déesse Fréïa aux géants. Dès que l'anneau est en leur possession, son pouvoir maléfique de la cupidité se manifeste et Fafner tue son frère Fasolt, ce qui évidemment nous ramène au crime commis par Sméagol qui devient Gollum pour voler l'anneau à son ami, dans le seigneur des anneaux. Tous les ennuis de Wottan ont donc pour origine, d'avoir préféré la possession du bien matériel à la beauté et la jeunesse incarné par Fréïa. On peut y voir une condamnation de la guerre de conquête à laquelle on sacrifie la jeunesse. Quand on connait l'engouement des nazis pour la musique de Wagner, on ne peut que regretter qu'ils n'aient pas méditer aussi sur la philosophie de cet opéra!

 

* En italique, extrait de: "le voyage artistique à Bayreuth" de Lavignac

 

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- La walkyrie:

Le héros Sigmund qui devait sauver le Wahalla , royaume du Dieu Wottan gardé par les héros morts au combats, perd la protection de ce dieu dont il est le fruit d'un amour illégitime avec une mortelle. Ce dernier devant céder aux pressions faites par son épouse légitime agissant sous l'emprise de la jalousie. Le héros de Wagner est chevaleresque, il délivre la femme de la brutalité du guerrier qui l'a enlevé après avoir tué les siens.  Après avoir demandé à Brünnnhilde, la déesse de la jeunesse et de la beauté, de protéger SIgmund dans sa lutte contre son ennemi, un mari jaloux dont il a délivré l'épouse - captive, pour respecter sa promesse faite à son épouse légitime, le dieu Wottan dont elle est la fille, lui ordonne de l'abandonner, puis punira cette dernière pour avoir tout de même tenté de secourir Sigmund. Il y a là une violente critique des obligations imposées par le "devoir" au détriment de l'amour qui conduisent au désastre. Et bien sûr, la glorification de la quête de l'amour, tel le prince de la belle au bois dormant, Siegfried réveille par un baiser Brunhilde puni par Wotan, endormi sur un rocher entouré de flammes que seul un coeur pur d'un héros au coeur vierge pouvait franchir.

- Le crépuscule des Dieux

Tout se termine par l'embrasement du Walhala, la fin des DIeux, la mort du héros Sigfried, fils de Sigmund, la fin de la gloire symbolisé par la déesse Brünnhilde qui après avoir déposé le corps de son héros mort sur le bucher, se précipite à son tour avec son destrier dans les flammes. La encore, on voit une critique de la guerre qui détruit des royaumes, la gloire aussi finit par disparaitre avec la fin des héros et la misère de la guerre. L'épopée napoléonnienne aurait -elle influencé Wagner qui cependant s'inspira des Eddas scandinaves et du vieux poême des Nibelungs, mais considérablement remaniés par son art d'auteur d'opéra?

Le crépuscule des DIeux se termine sur cette recommandation de Brünnehilde au peuple: la race des Dieux est éteinte, l'univers est sans maître,; mais il lui reste un bien précieux entre tous et qu'il doit apprendre à chérir plus que l'or, plus que la gloire et la grandeur: c'est l'amour qui seul peut sortir victorieux de toutes les épreuves et donner la félicité parfaite.

 

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