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Le blog de marie-jeanne jourdan

Méditations, Lamartine et moi... édition finale

15 Août 2018 , Rédigé par marie-jeanne jourdan Publié dans #musique-littérature

Réflexions philosophiques sur quatres poêmes de Lamartine extraits du livre de Maurice Levaillant, "Lamartine, oeuvres choisies" éd 1925

  1.  Méditation huitième: Souvenir
  2. Méditation sixième: le désespoir
  3. Méditation dixième: le lac de B***(Bourget)
  4. Méditation douxième: la prière
  5. Méditation quatrième: L'immortalité
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- Qui ne connait pas, de réputation tout au moins, Lamartine grand poête romantique de son temps? Le lycée - collège catholique de Belley porte son nom, en effet Lamartine fut interne au collège pendant cinq ans et il semblerait que ce fut là qu'il rencontra la muse de la poésie(Lamartine, Oeuvres choisies par Maurice Levaillant). Mais bien plus que romantique, ce trait là apparaissant avec le décès d'une jeune femme qu'il aima, Mme Charles, il fut surtout un poête mystique s'interrogeant sur la souffrance de l'éphémérité de la vie et du concept humain du bonheur où ce dernier ne peut exister qu'associé à l'éternité. Alphonse Lamartine aimait les plaisirs de la Vie qui ne pouvaient devenir bonheur du fait de leur éphémérité, il n'entendait pas cependant y renoncer comme les bouddhistes afin de ne pas connaitre la souffrance de leur disparition, et demandait à Dieu pourquoi tout en le remerciant d'une si belle nature consolatrice qui lui semblait éternelle car seule l'éternité semblait lui convenir, et tantôt renonçait à croire au Dieu de bonté de l'église. Voici donc quelques extraits des "méditations" de son oeuvre monumentale de poésie "fleuve", et mes propres méditations qu'elles font naître.

1. Méditation 8ème:
Le souvenir
En vain le jour succède au jour,  
 Ils glissent sans laisser de trace                              
Dans mon âme rien ne s'efface,
O dernier songe de l'amour!
               ----------
Je vois mes rapides années
S'accumuler derrière moi
Comme le chêne autour de soi
Voit tomber ses feuilles fanées....

                     ------

Mon front est blanchi par le temps;
Mon sang refroidi coule à peine,
Semblable à cette onde qu'enchaîne
le souffle glacé des autans. *                                      * autan: vent sec et chaud du sud - est.
            ---------                      
Mais ta jeune et brillante image,
Que le regret vient embellir,
Dans mon sein ne saurait vieillir:
Comme l'âme elle n'a point d'âge.
              ---------
Non tu n'as pas quitté mes yeux; 
Et quand mon regard solitaire
Cessa de te voir sur terre,
Soudain je te vis dans les cieux.
                 --------
Là, tu m'apparais telle encore
Que tu fus à ce dernier jour
Quand vers ton céleste séjour
Tu t'envolas avec l'aurore....                     (pointillés: certains versets sont sautés pour écourter le texte fleuve)
                --------
Du zéphir l'amoureuse haleine
Soulève encor tes longs cheveux;
Sur ton sein leurs flots onduleux 
Retombent en tresses d'ébène.
                ------
L'ombre de ce voile incertain
Adoucit encor ton image,
Comme l'aube qui se dégage
Des derniers voiles du matin.....
                          ----
   Si j'admire ces feux épars
 Que des nuits parsèment le voile,
Je crois te voir dans chaque étoile
Qui plaît le plus à mes regards.
             ------
Et si le souffle du zéphyre 
M'enivre du parfum des fleurs,
Dans ses plus suaves odeurs
C'est ton souffle que je respire.
            -------
C'est ta main qui sèche mes pleurs,
Quand je vais triste et solitaire,
Répandre en secret ma prière
Près des autels consolateurs.
             -----
Quand je dors, tu veilles dans l'ombre;
Tes ailes reposent sur moi;
Tous mes songes viennent de toi,
Doux comme le regard d'une ombre.
               ------
Pendant mon sommeil, si ta main
De mes jours déliait la trame,
Céleste moitié de mon âme
J'irais m'éveiller dans ton sein!
         ----
Comme deux rayons de l'aurore,
Comme deux soupirs confondus
Nos deux âmes ne forment plus
Qu'une âme et je soupire encore!*

 

* note de Levaillant: " le poête se reproche la faiblesse qui le fait soupirer de douleur, alors que par le souvenir il devrait se sentir si étroitement lié à celle dont il n'a perdu que l'apparence terrestre." Mais on peut se poser la question si le fait de sentir la présence de l'autre comme une union spirituelle n'en rend que plus difficile la séparation charnelle en empêchant l'oubli. Ce qu'il ressent semble commun à tous ceux qui ont perdu un être cher qui partageait leur vie en période de deuil.

Ce premier poême évoque une conception de la mort, de l'âme éternelle, du temps qui passe, du malheur de mourir jeune sans avoir vécu ses passions pleinement, de la vieillesse qui dégrade et vole la gloire de la jeunesse.

- Ce dernier point notamment justifiera le sacrifice héroïque de la jeunesse en tant de guerre, vivre une courte vie Héroïque au mérite éternelle plutôt qu'accablé par les ans au bout d'une vie médiocre, on le retrouve aussi bien dans l'idéal du héros antique que dans le patriotisme de 1914 en Europe.

- Lamartine évoque une conception chrétienne héritée de la gnose: l'être céleste androgyne qui en descendant sur terre se divise en homme et femme, l'âme soeur de l'amour unique auquel aspirait Lamartine qui semble, parmi les trois femmes connues par ses poêmes qu'il a aimé, non pas la troisième qu'il épousa, mais la seconde Mme Charles, une jeune femme ayant un vieux mari mais qui mourut précocément, tuberculeuse semble t-il, la maladie de "langueur". La tuberculose semble indéniablement lié au romantisme, le petit éclat fébrile qui faisait briller les yeux semblant le reflet de la passion, peut être aussi que des jeunes femmes comme Mme Charles qui quittaient la grande ville et un mariage bourgeois de raison, avaient - elles la consolation procurée par les attentions d'un bel et jeune amoureux dans la campagne au bon air où elles s'exilaient. Mais dans ce même poême, l'âme de la femme qu'il aimait et que la mort lui ravit, est - comme Dieu - partout! Partout dans la beauté de la nature et il sent sa présence, son souvenir est à cette époque omniprésent. Cette conception est la conception du paradis des juifs pharisiens à l'époque de Jésus, seul le héros survit à la mort, son âme dans les cieux, maîtresse des éléments, un vieux héritage bien plus ancien que l'on retrouve dans les "tablettes de Gilgamesh" , première manifestation de l'écriture, il y a plus de 5000ans! Mais avec le christianisme, le paradis s'est démocratisé, par son sacrifice, Jésus a ouvert le "pardis céleste des héros" à tous les croyants, homme ou femme, qui se repentent sincèrement de leurs péchés! Avec l'Islam traditionnel, on revient à une conception plus étroite du paradis, réservé aux hommes du djihad à qui l'on promet des jeunes vierges éternelles, les houris! Jésus cependant fut interrogé sur le paradis par les pharisiens qui lui demandèrent à quel mari au paradis appartenait une femme veuve et remariée 7fois! Ce à quoi Jésus répondit qu'il n'y avait plus ni homme ni femme, seul "l'esprit" survit à la mort et l'extase de la contemplation pour l'éternité de DIeu est le paradis. Lamartine dans bien des poêmes clame la beauté éternelle de la nature, seul oeuvre éternel de Dieu, et y voit une promesse de l'éternité de l'âme, réunion de ceux qui s'aiment au delà de la lumière solaire, aux confins de l'éther. C'est la conception de l'église catholique et romaine jusqu'à la conquête de l'espace qui l'ébranla sérieusement! Mais l'âme tourmentée de Lamartine, obsédée par l'éphémérité de la vie et  l'éternité de la mort, n'y trouva pas secours  toute sa vie, le vide de l'athéïsme et l'indifférence du Dieu "grand horloger" de l'univers des francs maçons, le hanta également, ce que nous allons découvrir dans le poême suivant.

 

2. Méditation sixième:
Le désespoir:

Lorsque le créateur la parole féconde

Dans une heure fatale eut enfanté le monde

Des germes du chaos,

De  son oeuvre imparfaite il détourna sa face,

Et, d'un pied dédaigneux le lançant dans l'espace,

Rentra dans son repos.

 

"Va dit -il, je te livre à ta propre misère;

Trop indigne à mes yeux d'amour ou de colère,

Tu n'es rien devant moi:

Roule au gré du hasard dans les déserts du vie;

Quà jamais loin de moi le destin soit ton guide,

Et le malheur ton roi!"  ----

 

Le mal dès lors rêgna dans on immense empire;

Dès lors tout ce qui pense et tout ce qui respire 

Commença de souffrir;

Et la terre, et le ciel, et l'âme, et la matière,

Tout gémit; et la voix de la nature entière

Ne fut q'un long soupir

 

Levez donc vos regards vers les célestes plaines,

Cherchez Dieu dans son oeuvre, invoquez dans vos peines

Ce grand consolateur,

Malheureux! Sa bonté de son oeuvre est absente;

Vous cherchez votre appui? L'univers vous présente

Votre persécuteur. 

 

De quel nom te nommer, ô fatale puissance?

Qu'on t'appelle Destin,Nature, Providence,

Inconcevable loi;

Qu'on tremble sous ta main, ou bien qu'on la blasphème,

Soumis ou révolté, qu'on te craigne ou qu'on t'aime;

Toujours, c'est toujours toi!

 

Hélas! ainsi que vous j'invoquai l'Espérance;

Mon esprit abusé but avec complaisance

Son philtre empoisonneur....

 

Si du moins au hasard il décimait les hommes,

Ousi sa main topmbait sur tous tant que nous sommes

Avec d'égales lois!

Mais les siècles ont vu les âmes magnanimes,

La beauté, le génie, ou les vertus sublimes,

Victimes de son choix.

 

Tel quand des dieux de sang voulaient en sacrifices

Des troupeaux innocents les sanglantes prémices

Dans leurs temple cruels

De cent taureaux choisison formait l'hécatombe,

Et l'agneau sans souillure et la blanche colombe

Engraissaient leurs autels.

 

Créateur, tout puissant, principe de tout être!

Toi pour qui le possible existe avant de naître!

Roi de l'immensité,

Tu pouvais cependant, au gré de ton envie,

Puiser pour tes enfants le bonheur et la vie

Dans ton éternité?

 

Sans t'épuiser jamais, sur toute la nature

Tu pouvais à longs flots répandre sans mesure

Un bonheur absolu:

L'espace, le pouvoir, le temps, rien ne te coûte.

Ah! Ma raison frémit! Tu le pouvais sans doute,

Tu ne l'as pas voulu.
 

Quel crime avons nous fait pour mériter de naître?

L'insensible néant t'a t'il demandé l'être,

Ou l'a t'il accepté?

Sommes nous, ô hasard, l'oeuvre de tes caprices?

Ou plutôt Dieu cruel, fallait-il nos supplices

Pour ta félicité?...

 

- Le poête pose les grandes questions existencielles de tout temps:

"De son oeuvre imparfaite, il détourna la face": Dans le livre biblique de la génèse, Dieu chasse Adam et Eve du paradis, ils l'ont déçus. Ici c'est la création toute entière qui est jugée imparfaite. Ce sont ces imperfections qui sont à l'origine de l'injustice, de la souffrance et de la mort. Lamartine était royaliste, le roi était reconnu par le pape, vicaire du Christ, qui lui reconnaissait une autorité de droit divin, ses pouvoirs temporels devaient s'exercer en faisant respecter la foi et obligations chrétiennes. Hors, par deux fois, Napoléon considéré par le royaliste Auguste Lamartine comme un imposteur s'attribua le pouvoir absolu et sacré du roi de France. Lamartine aima une jeune femme jeune, belle et brillante mais elle mourut emportée par la tuberculose. Ses poêmes évoque la souffrance et la mort omniprésente dans la vie ou dans la nature. Mais comment un DIeu "parfait" peut -il faire une création imparfaite? A l'époque de Jésus existait déjà la gnose, partagée par différentes religion, la croyance de l'existence d'un Dieu bon de lumière dont est issu un démiurge de matière, la matière étant imparfaite il est à l'origine de notre monde de matière imparfait mais l'âme, étincelle de lumière, nous a été donné par le dieu suprême de lumière, la mort la délivre de son enveloppe charnelle et lui permet de rejoindre pour l'éternité le Dieu de lumière. Ce Dieu de matière, selon les sectes, peut être Satan ou Yavhé lui même, et cela fut même une des origines de l'antisémitisme: les juifs qui rejetaient Jésus le Christ, renonçaient à leur âme et servaient Yavhé le démiurge de la matière, créateur de ce monde de souffrances. Mais le christianisme catholique ne reconnait qu'un seul Dieu de lumière et d'esprit créateur de notre monde, mais l'homme est libre de choisir sa voie et son malheur naît de sa désobéïssance aux lois divines et de l'absence d'altruisme. Hors Lamartine conteste en faisant remarquer que la souffrance et l'injustice frappe souvent les meilleurs parmi les hommes. Il en vient donc à la conclusion de l'indifférence de DIeu envers ses créatures, voir l'absence de DIeu, le monde étant dans les mains du hasard, voir la cruauté de DIeu qui jouit des souffrances de ses créatures et on en revient à l'équivalent de la croyance au démiurge de matière!

 

 

 

                                               ------------------------------------

                                            

 

Lamartine et le lac du Bourget

 

 

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- Extrait de "Lamartine, oeuvres choisies" de Maurice Levaillant)

 

C'est sur le lac du Bourget qu'Alphonse Lamartine fit la connaissance Mme Julie Françoise Bouchaud des Herrettes, épouse du célèbre physicien Charles alors membre de l'académie des sciences et bibliothécaire de l'institut. C'est elle qui sans avoir conscience sans doute de son rôle, allait aider Lamartine à devenir immortel; et c'est elle que les méditations allaient immortaliser sous le nom d'Elvire.  Mme Charles était donc la jeune femme du septuagénaire illustre qui, en 1783 avait imaginé de gonfler avec le gaz hydrogène le léger globe hasardé dans les airs par les frères ontgolfier, et qui avait inventé du coup, l'aéronautique moderne. Née à Paris le 4 juillet 1784, d'eune mère créole, elle avait alors trente deux ans. Elle était l'une des femmes les plus en vue de la société royaliste et "bien pensante" qui donnait le ton de la mode, et qui souhaitait de le donner aussi à la littérature; le salon qu'elle tenait à l'institut, où son mari, de part ses fonctions, était logé, avait des attaches avec le faubourg ST Germain et le monde officiel. Née à Paris, elle avait cependant passé sa première enfance à l'île de St Domingue, dans la plantation de ses parents; mais à huit ans elle fut ramenée en France par son père, tandis que sa mère achevait de mourir dans l'île. C'est que les troubles qui dès le début de la révolution bouleversèrent "la perle des Antilles", avaient dévastés les domaines de sa famille; le gouvernement les avaient mis sous séquestre... En France, Julie fut placée chez une tante, comme elle en exil, et comme elle ruinée, au Havre puis à Paris. Elle remplissait elle même les devoirs d'une grande soeur auprès d'un plus jeune neveu, dont la mère - soeur de la sienne - était morte dans l'île. Les trois réfugiés obtinrent un logement de quatre pièces sous les combles. Là ils eurent fraid, ils eurent faim. L'état devait payer mais il payait peu et même pas du tout; elles envoyaient pétition sur requêtes, l'une d'elle laissant même entrevoir que le désespoir pourraient les pousser aux plus déplorables exrémités. En 1804 seulement , un frère de sa mère, memebre du corps législatif, et opulent personnage, parut s'apercevoir de leur existence; c'est grâce à lui qu'en Touraine, à 21 ans, qu'elle rencontra M Charles qui avait 58 ans. . A ce mari illustre elle départit une affection calme mais sincère. "Cette bonne Julie disait - il de sa femme".  Elle eut du succès à paraitre dans plusieurs salons mais surtout à tenir le sien. Ardente royaliste, elle semble avoir oeuvré pour sa cause, et aidé à la restauration des jeunes gens de la noblesse à retrouver titres, grades et emplois. Bientôt elle fut gagner par la mélancolie, ses amis n'eurent pas de peine à en connaitre la cause: elle se savait malade , et se devinait condamnée à une mort précoce, la phtisie(tuberculose) la minait. A l'été 1816, les médecins lui ordonnèrent consécutivement un séjour en Suisse, et une station à Aix les Bains. C'est dans ce dernier séjour qu'elle rencontra Lamartine.

Mme Charles y arriva , de Genève, où elle avait passé deux mois et demi, le 17 septembre 1816, seule avec une femme de chambre, car son mari, qui souffrait de la "pierre"(calculs rénaux) n'avait pu l'accompagner.; elle s'installa en une calme pension de famille...à proximité des eauxet dirigée par un vieux médecin le Dr Périer...Le 5 octobre, elle distingue un nouvel hôte, si différents des autres: Alphonse de Lamartine! Il arrivait de Mâcon, après avoir passé quelques jours chez son ami de collège, Louis de Vignet, qui lui avait indiqué à Aix la pension Périer. Une maladie de foie motivait vaguement son voyage...Le 10 octobre, Lamartine se promenait sur le lac du Bourget. Sa barque venait de croiser une barque plus frêle qui menait Mme Charles vers Hautecombe, lorsqu'un coup de vent soudain, ou peut être, quelques geste imprudent, mit la jeune femme en péril. Le surlendemain, Lamartine écrivant à Louis de Vignet, se vantait d'avoir "sauvé Mme Charles qui se noyait"; il ajoutait, que désormais, cette douce et bonne créature remplissait ses jours, qu'il n'était plus malade, "qu'il se sentait rajeuni, guéri, régénéré",; et il conviait son ami à venir constater le miracle...

Le 26 octobre, "l'ange" repartit, le 21 août, comme convenu , Lamartine retourna à la pensieon Perier mais Mme Charles n'y retourna jamais: elle agonisait! C'est à cette période, que Lamartine composa  les premiers vers du poême "le lac".

 

                                                     3. Méditation 10ème:

Le Lac

Ainsi, toujours poussé vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour?

 

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde! Je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir!

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leur flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés .

 

Un soir, t'en souvient -il? Nous voguions en silence;

On entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frrappèrent les échos;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots:

 

"O temps suspends ton vol; et vous heurs prospices!

Suspendez votre cours:

Laisser nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours!

 

"Assez de malheureux ici bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent,

Oubliez les heureux.

 

Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit;

Je dis à cette nuit: Sois plus lente; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

Aimons donc, aimons donc! De l'heure fugitive,

Hâtons nous, jouissons!

 

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Méditations, Lamartine et moi... édition finale
                                                 4. Méditation 12(extraits):

 

La prière

Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire,

descend avec lenteur de son char de victoire.

le nuage éclatant qui le cache à nos yeux 

Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux,

Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue.

Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, 

La lune se balenace aux bords de l'horizon;

Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon,

Et le voile des nuits sur les monts se déplie:

C'est l'heure où la nature , un moment recueillie,

ENtre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit,

S'élève au créateur du jour et de la nuit,

Et semble offrir à Dieu, dans son brillant language

De la création le magnifique hommage ...

 

Voilà le sacrifice immense, universel!

L'univers est le temple et la terre est l'autel;  ...

 

Mais ce temple est sans voix. Où sont les saints concerts?

D'où s'élève l'hymne au roi de l'univers?

Tout se tait: mon coeur seul parle dans ce silence.

La voix de l'univers, c'est mon intelligence.

Sur les rayons d'un soir, sur les ailes du vent,

Elle s'élève à Dieu comme un parfum vivant;

Et, donnant un language à toute créature,

Prête pour l'adorer mon âme à la nature. ....

...

 

C'est toi(Dieu) que je découvre au fond de la nature,

C'est toi que je bénis dans toute créature.

Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts:

Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,

Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,

Et sème sur les monts les perles de l'aurore,

Pour moi, c'est ton regard qui, du divin séjour,

s'entrouve sur le monde et lui répand le jour.  ...

 

Oui, j'espère Seigneur en ta magnificience:

Tu n'auras pas borné le nombre de mes jours

A ces jours d'ici bas, si troublés et si courts,

Je te vois en tous lieux conserver et produire:

Celui qui peut créer dédaigne de détruire.

Témoin de ta puissance, et sûr de ta bonté,

J'attends le jour sans fin de l'immortalité. ...

 

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Lamartine au bords du lac du Bourget tenant le calepin offert par Mme Charles sur le quel il notait les vers poétiques inspirés par sa muse mélancolie

Lamartine au bords du lac du Bourget tenant le calepin offert par Mme Charles sur le quel il notait les vers poétiques inspirés par sa muse mélancolie

Dans ce dernier poême, Lamartine déclare que l'immensité de l'univers donne la dimension divine: "l'univers est le temple et la terre son autel" . Cette comparaison évoque le sacrifice païen pour obtenir la clémence des Dieux, mais ici Dieu habite tout l'univers, la terre comparé à un autel car les souffrances terrestres apparaissent comme une offrande au Dieu de l'Univers, le chrétien offre ses souffrances à Dieu qui lui donne l'espoir de l'immortalité. L'homme apparait comme la conscience de la nature qui par son intelligence conçoit Dieu et témoigne donc de son existence, la dépendance de l'homme à Dieu son créateur se trouve ainsi réciproque: Dieu existe de part la conscience humaine de son existence. 

Comment Lamartine passe t-il ainsi du doute amer d'un créateur se souciant de l'homme au lyrisme religieux fervent? On peut s'interroger sur un moteur égocentriste: Dieu est indifférent ou inexitant quand sa propre vie est dominée par l'ennui de part son oisiveté liée à ses convictions royalistes l'empêchant de prendre une place dans l'administration ou l'armée compatible avec la fierté de sa noblesse de robe sous un régime honni bonapartiste et par la mélancolie des amours perdus, Mme Charles surtout, Dieu est une puissante bonté dont il est le poête qui le loue à travers sa création, à travers la nature, quand il retrouve foi en l'avenir: un emploi sous un régime royaliste, une carrière de diplomate au Liban et un mariage avec une jeune fille de grande noblesse malgré l'opposition initiale des parents de la mariée à cette  union. Il épousera en effet Melle Mary Ann Elisa Birch artiste française d'origine anglaise en 1820 et il en aura deux enfants, un fils Félix qui décèdera à l'âge de un an et une fille Julia qui décèdera au Liban à l'âge de 10ans. 

Mais dans la quatrième méditation, Lamartine avoue qu'il croit "d'instinct" car on ne serait admettre que ceux qu'on aime disparaissent à jamais. Le besoin d'amour dépasse notre propre existence, il lui faut l'éternité. Lamartine cependant gagnera une autre relative immortalité: celle du poête de la nature et des tourments de l'âme qui selon Maurice Levaillant aura été inspiré à la fois par Rousseau et Chateaubriant. 

                                           5.  Méditation quatrième:

 

l'Immortalité

...

Je te salue, ö mort! Libérateur céleste,

Tu ne m'apparis point sous cet aspect funeste

Que t'a prêté souvent l'épouvante ou l'erreur;

Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur,

Ton front n'est point cruel, ton oeil n'est point perfide

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;

Tu n'anéantis pas, tu délivres! ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin;

Quand mon oeil fatigué se ferme à la lumière,

Et l'espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau! ...

 

Oui, tel est mon espoir,ô moitié de ma vie!

C'est par lui que déjà mon âme raffermie

A pu voir sans effroi sur tes traits enchanteurs

Se faner du printemps les brillantes couleurs;

C'est par lui que percé du trait qui me déchire,

Jeune encore, en mourant vous me verrez sourire, ...

 

"Vain espoir s'écriera le troupeau d'Epicure

Et celui dont la main disséquant la nature,

Dans un coin du cerveau nouvellement décrit

Voit penser la matière et végéter l'esprit. 

Insensé diront -ils, que trop d'orgueil abuse,

Regarde autour  de toi: tout commence et tout s'use,

Tout marche vers unterme et tout naît pour mourir: ...

Tu vois autour de toi dans la nature entière 

Les siècles entasser poussière sur poussière,

Et le temps, d'un seul pas confondant ton orgueil, 

Et l'homme, et l'homme seul, ô sublime folie!

Au fond de son tombeau croit retrouver la vie,

Et dans le tourbillon au néant emporté, 

Abattu par le temps, rêve d'éternité!"

 

Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre!

J'ai maudit votre erreur: j'aime il faut que j'espère;

Notre faible raison se trouble et se confond. 

Oui la raison se tait; mais l'instinct vous répond. ...

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul, je serais debout: seul, malgré mon effroi,

E tre infaillible et bon, j'espèrerais en toi, 

Et certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits je t'attendrais encore!

 

Souvent tu t'en souviens, dans cet heureux séjour 

Ou naquit d'un regard notre immortel amour,

Tantôt sur les sommets de ces rochers antiques, 

Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques,

Sur l'aile du désir, loin du monde emportés,

Je plongeais avec toi dans ces obscurités,

Les ombres à longs plis descendant des montagnes,

Un moment à nos yeux dérobaient les campagnes;

Mais bientôt , s'avançant sans éclat et sans bruit,

Le choeur mystérieux des astres de la nuit,

Nous rendant les objets voilés à notre vue,

De ses molles lueurs revêtait l'étendue; ...

Dans ton ivresse alors tu ramenais mes yeux

Et des cieux à la terre, et de la terre aux cieux :

"Dieu caché, disais tu, la nature est ton temple! ...

 

Tu disais; et nos coeurs  unissaient leurs soupirs

Vers cet être inconnu qu'attestaient nos désirs:

A genoux devant lui, l'aimant dans ses ouvrages,

Et l'aurore et le soir portaient nos hommages

Et nos yeux enivrés contemplaient tour à tour

La terre notre exil et le ciel ton séjour. 

Ah! si dans ces instants où l'âme fugitive

S'élance et veut briser le sein qui la captive,

Ce Dieu , du haut du ciel répondant à nos voeux ,

D'un trait libérateur nous eût frappés tous deux!

Nos âmes d'un seul bond remontant vers leur source,

Ensemble auraient franchi les mondes dans leur course; 

 

A travers l'infini, sur l'aile de l'amour,

Elles auraient monté comme un rayon du jour,

Et, jusqu'à Dieu lui même arrivant éperdues,

Se seraient dans son sein pour jamais confondues!

Ces voeux nous trompaient - ils? Au néant destinés,

Est ce pour le néant que les êtres sont nés? 

Partageant le destin du corps qui la recèle, 

Dans la nuit du tombeau l'âme s'engloutit -elle?

Tombe t-elle en poussière? Ou prête à s'envoler ,

Comme un son qui n'est plus va t-elle s'exhaler?

Après un vain soupir, après l'adieu suprême

De tout ce qui t'aimait, n'est -il plus rien qui t'aime? 

Ah! sur ce grand secret n'interroge que toi!

Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds - moi!

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Prochain texte: mes propres méditations sur ces questions soulevés et ce que la science actuelle apporte à la réflexion, à bientôt mes amis lecteurs!

M.J.J

 

 

Conclusion "méditative" sur la vie et l'oeuvre de Lamartine.

 

L'amour de Lamartine pour Mme Charles a probablement été uniquement platonique si on se réfère au récit ci dessous du séjour de Mme Charles et Lamartine à la pension d'AIx du Dr Perier fait par M. Levaillant "oeuvres choisies". 

"Ils avaient échangé avec des aveux , la confidence de leur passé, de leurs ennuis, de leurs espoirs; grisés des souvenirs de Rousseau dont l'atmosphère de cette région était chargée, ils étaient convenus de maintenir entre eux les mêmes rapports de tendresse que Rousseau et Mme de Warrens; Mme Charles n'avait -elle pas six ans de plus que le jeune Lamartine? Il l'appellerait "sa mère", elle veillaerait sur lui et le guiderait comme un fils; elle l'aiderait à trouver un emploi..."

Ce programme réglé par lui , semble t-il, plus encore que par elle, dix journées coulèrent, heureuses et fugitives; l'automne était doux et précaire; on partait dès le lever pour des promenades dans la montagne avec des mulesà sonnailles menées par des guides du pays ; l'après midi on voguait sur le lac, ou Mme Charles, qui avait une jolie voix ne refusait pas de lancer aux échos quelques romance à la mode; le soir, on causait longuement, en prenant le thé autour de la chaise longue qui reposait  sa fatigue; on lisait un passage des martyrs ou bien des vers frais (poésie récente)...Près de mme Charles, Lamartine vivait en un mirage de paradis; ...

Lamartine la revit à Paris du 8 janvier au 6 mai. Il paraissait tous les soirs au salon de Mme Charles; l'après midi il la promenait, dolente et pâle, à son bras, sur la terrasse  des Tuileries, ou par les quais, si grave à son côtés , si mélancolique, que les passants le prenaient pour un frèreveillant sur la convalescence de sa soeur. La consomption en effet, travaillait  la jeune femme; il se penchait parfois sur elle avec angoisse; heures tragiques qu'il rappelait, deux ans plus tard, dans ses vers, en interpellant la providence:

Toi même de nos jours avais mêlé la trame:

Sa vie était ma vie et son âme mon âme...

Le coup que tu voulais me rendre plus terrible 

La frappa lentement pour m'être plus sensible;

Dans ses traits expirants où je lisais mon sort

J'ai vu lutter ensemble et l'amour et la mort;

J'ai vu dans ses regards la flamme de la vie

Sous la main du trépas par degrés assoupie

Se ranimer encore au souffle de l'amour!

Je disais chaque jour: Soleil encore un jour!..

 

Comme il était d'usage à cette époque avec les patient tuberculeux, Mme Charles partit ensuite à la campagne "au bon air", chez des amis, Lamartine qui espérait la retrouver lors d'un prochain séjour à Aix à la pension du Dr Perrier, ne la revit jamais, elle agonisa et mourut avant. A chacune de leur séparation, après le départ de la pension d'AIx, après, celui de Paris, Mme  charles lui avait offert un calepin de maroquin rouge où noter ses vers; le 29 août il se rendit à l'Abbaye de Hautecombe pensant à la promenade en barque qu'il fit avec Mme Charles et écrivit: "Assis sur le rocher à la fontaine intermittente, le 29 août 1817, pensant à toi . Abbaye de Hautecombe, à pic sur le lac! Séjour à choisir si..." Sur ce même carnet il écrivit les premiers vers du "Lac B" qu'il composa les jours suivants.  

Deux ans plus tard, au printemps 1918, lors d'un bref passage à Chambéry, il rencontra Melle Marianne Elisa Birch:

" Très sensibleaux arts et à la poésie, bonne musicienne et aquarelliste de quelque talent, Melle Birch avait entendu réciter par L.Vignet des poêmes de Lamartine; les avaient admirés; et elle avait exprimé le désir de connaître leur auteur." 

M. Levaillant précise dans son ouvrage: elle était "assez âgée ", elle avait 28ans ,  c'est à dire tout juste un an de moins que Lamartine", ce qui montre qu'à cette époque  il était courant que le mari soit bien plus âgé que son épouse! La mère de Marianne B s'opposa au mariage au prétexte qu'il fallait que les époux aient la même religion (Lamartine était catholique, Marianne B protestante et d'origine anglaise) et que Lamartine était sans fortune ni emploi. Marianne se convertit au catholicisme et intima à Lamartine de trouver un emploi. Lamartine connu alors le succès avec "les méditation" et enfin, faisant jouer ses protecteurs parisiens, il obtint un poste diplomatique en tant qu'attaché à l'ambassade de Naples. 

La vie semblait donc lui sourire, mais la mort allait encore frappé. Son fils, nommé Alphonse également,  meurt  en 1822 à l âge de un an, Lamartine se reprochera son décès, pensant que trop de voyages ont affaibli l'enfant. La même année il eut une fille qu'on prénomma "Julia" en souvenir de Mme Julie Charles, mais la naissance de sa fille ne saurit le consoler de la perte de son fils dira t-il. Deux ans plus tard, en 1824, les morts successives  de deux de ses soeurs l'affecte également. En 1832, c'est sa fille qui décède alors qu'il est à Beyrouth. 

Lamartine, nous l'avons vu, dit croire parce qu'il "aime" et ne peut admettre la disparition de l'amour à jamais. C'est finalement reconnaitre que le besoin de croire vient de notre besoin d'immortalité, de pérennité. Dans un magnifique poême, le premier du recueil "Révolutions" dont voici les premiers vers, montre que l'effroi face à la mort est lié à la possession matériel :

Quand l'arabe altéré, dont le puit n'a plus d'onde,

A plié le matin sa tente vagabonde

Et suspendu la source aus de ses chameaux,

Il salue en partant la citerne tarie, 

Et, sans se retourner, va chercher la patrie 

Où le désert cache ses eaux.

 

Que lui fait qu'au couchant le vent de feu se lève

Et comme un océan qui laboure la grève,

Comble derrière lui l'arrière de ses pas,

Suspends la montagne où courait la vallée,

Ou sème en flots durcis la dune amoncelée?

Il marche et ne repasse pas

 

Mais vous, peuple assis de l'occident stupide

Hommes pétrifiés dans votre orgueil timide,

Partout ou le hazard sème vos tourbillons

Vous germez comme un gland sur vos sombres collines

Vous poussez dans le roc vos stériles racines,

Vous végétez sur vos sillons!

 

Vous taillez le granit, vous entassez les briques,

Vous fondez tours , cités, trônes ou républiques:

Vousa appelez le temps, qui ne répond qu'à DIeu;

Et, comme si des jours ce Dieu vous fit maître

Vous dites à la race humaine encore à naître:

"Vis, meurs - immuable en ce lieu! ...

 

Mais ce n'est pas ainsi que le Dieu qui vous somme

Entend la destinée et les phases de l'homme; ...

 

L'oeuvre toujours finie et toujours commencée

Manifeste l'éternelle pensée: 

Chaque halte pour Dieu n'est qu'un point de départ!...

 

Cet éternel recommencement de la vie, nous le voyons mieux désormais avec les connaissances apportées par la connaissance biologique: nous sommes l'expression d'un code génétique que nous transmettons et un monde fini de gènes sur un temps indéterminé, tant qu'il n'y a pas d'extinction massive, aboutit à une rémanence génétique des individus. Par nos gènes, un jour ou l'autre, nous ressucitons! Et le paradis ou l'enfer sera le fruit de nos actions sur cette terre, de ce que nous lèguerons aux générations suivantes. Le bonheur que nous avons par exemple de ne pas perdre autant d'êtres chers dans la fleur de leur jeunesse par la tuberculose comme Lamartine nous le devons au progrès des connaissances médicales. Quant à la création , elle ne sarrête plus aux nuages, soleil et étoiles, elle trouve son origine dans un "trou noir" selon les astronomes  qui deviennent ainsi les guides mystiques de notre temps!

 

 

 

 

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