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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 10:14

Réflexions philosophiques sur quatres poêmes de Lamartine extraits du livre de Maurice Levaillant, "Lamartine, oeuvres choisies" éd 1925

  1.  Méditation huitième: Souvenir
  2. Méditation sixième: le désespoir
  3. Méditation dixième: le lac de B***(Bourget)
  4. Méditation douxième: la prière
  5. Méditation quatrième: L'immortalité

- Qui ne connait pas, de réputation tout au moins, Lamartine grand poête romantique de son temps? Le lycée - collège catholique de Belley porte son nom, en effet Lamartine fut interne au collège pendant cinq ans et il semblerait que ce fut là qu'il rencontra la muse de la poésie(Lamartine, Oeuvres choisies par Maurice Levaillant). Mais bien plus que romantique, ce trait là apparaissant avec le décès d'une jeune femme qu'il aima, Mme Charles, il fut surtout un poête mystique s'interrogeant sur la souffrance de l'éphémérité de la vie et du concept humain du bonheur où ce dernier ne peut exister qu'associé à l'éternité. Alphonse Lamartine aimait les plaisirs de la Vie qui ne pouvaient devenir bonheur du fait de leur éphémérité, il n'entendait pas cependant y renoncer comme les bouddhistes afin de ne pas connaitre la souffrance de leur disparition, et demandait à Dieu pourquoi tout en le remerciant d'une si belle nature consolatrice qui lui semblait éternelle car seule l'éternité semblait lui convenir, et tantôt renonçait à croire au Dieu de bonté de l'église. Voici donc quelques extraits des "méditations" de son oeuvre monumentale de poésie "fleuve", et mes propres méditations qu'elles font naître.

 
1. Méditation 8ème:
 
Le souvenir
En vain le jour succède au jour,  
 Ils glissent sans laisser de trace                              
Dans mon âme rien ne s'efface,
O dernier songe de l'amour!
               ----------
Je vois mes rapides années
S'accumuler derrière moi
Comme le chêne autour de soi
Voit tomber ses feuilles fanées....

                     ------

Mon front est blanchi par le temps;
Mon sang refroidi coule à peine,
Semblable à cette onde qu'enchaîne
le souffle glacé des autans. *                                      * autan: vent sec et chaud du sud - est.
            ---------                      
Mais ta jeune et brillante image,
Que le regret vient embellir,
Dans mon sein ne saurait vieillir:
Comme l'âme elle n'a point d'âge.
              ---------
Non tu n'as pas quitté mes yeux; 
Et quand mon regard solitaire
Cessa de te voir sur terre,
Soudain je te vis dans les cieux.
                 --------
Là, tu m'apparais telle encore
Que tu fus à ce dernier jour
Quand vers ton céleste séjour
Tu t'envolas avec l'aurore....                     (pointillés: certains versets sont sautés pour écourter le texte fleuve)
                --------
Du zéphir l'amoureuse haleine
Soulève encor tes longs cheveux;
Sur ton sein leurs flots onduleux 
Retombent en tresses d'ébène.
                ------
L'ombre de ce voile incertain
Adoucit encor ton image,
Comme l'aube qui se dégage
Des derniers voiles du matin.....
                          ----
   Si j'admire ces feux épars
 Que des nuits parsèment le voile,
Je crois te voir dans chaque étoile
Qui plaît le plus à mes regards.
             ------
Et si le souffle du zéphyre 
M'enivre du parfum des fleurs,
Dans ses plus suaves odeurs
C'est ton souffle que je respire.
            -------
C'est ta main qui sèche mes pleurs,
Quand je vais triste et solitaire,
Répandre en secret ma prière
Près des autels consolateurs.
             -----
Quand je dors, tu veilles dans l'ombre;
Tes ailes reposent sur moi;
Tous mes songes viennent de toi,
Doux comme le regard d'une ombre.
               ------
Pendant mon sommeil, si ta main
De mes jours déliait la trame,
Céleste moitié de mon âme
J'irais m'éveiller dans ton sein!
         ----
Comme deux rayons de l'aurore,
Comme deux soupirs confondus
Nos deux âmes ne forment plus
Qu'une âme et je soupire encore!*

 

* note de Levaillant: " le poête se reproche la faiblesse qui le fait soupirer de douleur, alors que par le souvenir il devrait se sentir si étroitement lié à celle dont il n'a perdu que l'apparence terrestre." Mais on peut se poser la question si le fait de sentir la présence de l'autre comme une union spirituelle n'en rend que plus difficile la séparation charnelle en empêchant l'oubli. Ce qu'il ressent semble commun à tous ceux qui ont perdu un être cher qui partageait leur vie en période de deuil.

Ce premier poême évoque une conception de la mort, de l'âme éternelle, du temps qui passe, du malheur de mourir jeune sans avoir vécu ses passions pleinement, de la vieillesse qui dégrade et vole la gloire de la jeunesse.

- Ce dernier point notamment justifiera le sacrifice héroïque de la jeunesse en tant de guerre, vivre une courte vie Héroïque au mérite éternelle plutôt qu'accablé par les ans au bout d'une vie médiocre, on le retrouve aussi bien dans l'idéal du héros antique que dans le patriotisme de 1914 en Europe.

- Lamartine évoque une conception chrétienne héritée de la gnose: l'être céleste androgyne qui en descendant sur terre se divise en homme et femme, l'âme soeur de l'amour unique auquel aspirait Lamartine qui semble, parmi les trois femmes connues par ses poêmes qu'il a aimé, non pas la troisième qu'il épousa, mais la seconde Mme Charles, une jeune femme ayant un vieux mari mais qui mourut précocément, tuberculeuse semble t-il, la maladie de "langueur". La tuberculose semble indéniablement lié au romantisme, le petit éclat fébrile qui faisait briller les yeux semblant le reflet de la passion, peut être aussi que des jeunes femmes comme Mme Charles qui quittaient la grande ville et un mariage bourgeois de raison, avaient - elles la consolation procurée par les attentions d'un bel et jeune amoureux dans la campagne au bon air où elles s'exilaient. Mais dans ce même poême, l'âme de la femme qu'il aimait et que la mort lui ravit, est - comme Dieu - partout! Partout dans la beauté de la nature et il sent sa présence, son souvenir est à cette époque omniprésent. Cette conception est la conception du paradis des juifs pharisiens à l'époque de Jésus, seul le héros survit à la mort, son âme dans les cieux, maîtresse des éléments, un vieux héritage bien plus ancien que l'on retrouve dans les "tablettes de Gilgamesh" , première manifestation de l'écriture, il y a plus de 5000ans! Mais avec le christianisme, le paradis s'est démocratisé, par son sacrifice, Jésus a ouvert le "pardis céleste des héros" à tous les croyants, homme ou femme, qui se repentent sincèrement de leurs péchés! Avec l'Islam traditionnel, on revient à une conception plus étroite du paradis, réservé aux hommes du djihad à qui l'on promet des jeunes vierges éternelles, les houris! Jésus cependant fut interrogé sur le paradis par les pharisiens qui lui demandèrent à quel mari au paradis appartenait une femme veuve et remariée 7fois! Ce à quoi Jésus répondit qu'il n'y avait plus ni homme ni femme, seul "l'esprit" survit à la mort et l'extase de la contemplation pour l'éternité de DIeu est le paradis. Lamartine dans bien des poêmes clame la beauté éternelle de la nature, seul oeuvre éternel de Dieu, et y voit une promesse de l'éternité de l'âme, réunion de ceux qui s'aiment au delà de la lumière solaire, aux confins de l'éther. C'est la conception de l'église catholique et romaine jusqu'à la conquête de l'espace qui l'ébranla sérieusement! Mais l'âme tourmentée de Lamartine, obsédée par l'éphémérité de la vie et  l'éternité de la mort, n'y trouva pas secours  toute sa vie, le vide de l'athéïsme et l'indifférence du Dieu "grand horloger" de l'univers des francs maçons, le hanta également, ce que nous allons découvrir dans le poême suivant.

 

2. Méditation sixième:

 

Le désespoir:

Lorsque le créateur la parole féconde

Dans une heure fatale eut enfanté le monde

Des germes du chaos,

De  son oeuvre imparfaite il détourna sa face,

Et, d'un pied dédaigneux le lançant dans l'espace,

Rentra dans son repos.

 

"Va dit -il, je te livre à ta propre misère;

Trop indigne à mes yeux d'amour ou de colère,

Tu n'es rien devant moi:

Roule au gré du hasard dans les déserts du vie;

Quà jamais loin de moi le destin soit ton guide,

Et le malheur ton roi!"  ----

 

Le mal dès lors rêgna dans on immense empire;

Dès lors tout ce qui pense et tout ce qui respire 

Commença de souffrir;

Et la terre, et le ciel, et l'âme, et la matière,

Tout gémit; et la voix de la nature entière

Ne fut q'un long soupir

 

Levez donc vos regards vers les célestes plaines,

Cherchez Dieu dans son oeuvre, invoquez dans vos peines

Ce grand consolateur,

Malheureux! Sa bonté de son oeuvre est absente;

Vous cherchez votre appui? L'univers vous présente

Votre persécuteur. 

 

De quel nom te nommer, ô fatale puissance?

Qu'on t'appelle Destin,Nature, Providence,

Inconcevable loi;

Qu'on tremble sous ta main, ou bien qu'on la blasphème,

Soumis ou révolté, qu'on te craigne ou qu'on t'aime;

Toujours, c'est toujours toi!

 

Hélas! ainsi que vous j'invoquai l'Espérance;

Mon esprit abusé but avec complaisance

Son philtre empoisonneur....

 

Si du moins au hasard il décimait les hommes,

Ousi sa main topmbait sur tous tant que nous sommes

Avec d'égales lois!

Mais les siècles ont vu les âmes magnanimes,

La beauté, le génie, ou les vertus sublimes,

Victimes de son choix.

 

Tel quand des dieux de sang voulaient en sacrifices

Des troupeaux innocents les sanglantes prémices

Dans leurs temple cruels

De cent taureaux choisison formait l'hécatombe,

Et l'agneau sans souillure et la blanche colombe

Engraissaient leurs autels.

 

Créateur, tout puissant, principe de tout être!

Toi pour qui le possible existe avant de naître!

Roi de l'immensité,

Tu pouvais cependant, au gré de ton envie,

Puiser pour tes enfants le bonheur et la vie

Dans ton éternité?

 

Sans t'épuiser jamais, sur toute la nature

Tu pouvais à longs flots répandre sans mesure

Un bonheur absolu:

L'espace, le pouvoir, le temps, rien ne te coûte.

Ah! Ma raison frémit! Tu le pouvais sans doute,

Tu ne l'as pas voulu.
 

Quel crime avons nous fait pour mériter de naître?

L'insensible néant t'a t'il demandé l'être,

Ou l'a t'il accepté?

Sommes nous, ô hasard, l'oeuvre de tes caprices?

Ou plutôt Dieu cruel, fallait-il nos supplices

Pour ta félicité?...

 

- Le poête pose les grandes questions existencielles de tout temps:

"De son oeuvre imparfaite, il détourna la face": Dans le livre biblique de la génèse, Dieu chasse Adam et Eve du paradis, ils l'ont déçus. Ici c'est la création toute entière qui est jugée imparfaite. Ce sont ces imperfections qui sont à l'origine de l'injustice, de la souffrance et de la mort. Lamartine était royaliste, le roi était reconnu par le pape, vicaire du Christ, qui lui reconnaissait une autorité de droit divin, ses pouvoirs temporels devaient s'exercer en faisant respecter la foi et obligations chrétiennes. Hors, par deux fois, Napoléon considéré par le royaliste Auguste Lamartine comme un imposteur s'attribua le pouvoir absolu et sacré du roi de France. Lamartine aima une jeune femme jeune, belle et brillante mais elle mourut emportée par la tuberculose. Ses poêmes évoque la souffrance et la mort omniprésente dans la vie ou dans la nature. Mais comment un DIeu "parfait" peut -il faire une création imparfaite? A l'époque de Jésus existait déjà la gnose, partagée par différentes religion, la croyance de l'existence d'un Dieu bon de lumière dont est issu un démiurge de matière, la matière étant imparfaite il est à l'origine de notre monde de matière imparfait mais l'âme, étincelle de lumière, nous a été donné par le dieu suprême de lumière, la mort la délivre de son enveloppe charnelle et lui permet de rejoindre pour l'éternité le Dieu de lumière. Ce Dieu de matière, selon les sectes, peut être Satan ou Yavhé lui même, et cela fut même une des origines de l'antisémitisme: les juifs qui rejetaient Jésus le Christ, renonçaient à leur âme et servaient Yavhé le démiurge de la matière, créateur de ce monde de souffrances. Mais le christianisme catholique ne reconnait qu'un seul Dieu de lumière et d'esprit créateur de notre monde, mais l'homme est libre de choisir sa voie et son malheur naît de sa désobéïssance aux lois divines et de l'absence d'altruisme. Hors Lamartine conteste en faisant remarquer que la souffrance et l'injustice frappe souvent les meilleurs parmi les hommes. Il en vient donc à la conclusion de l'indifférence de DIeu envers ses créatures, voir l'absence de DIeu, le monde étant dans les mains du hasard, voir la cruauté de DIeu qui jouit des souffrances de ses créatures et on en revient à l'équivalent de la croyance au démiurge de matière!

 

 

 

                                               ------------------------------------

                                            

 

 

Lamartine et le lac du Bourget

 

 

 

- Extrait de "Lamartine, oeuvres choisies" de Maurice Levaillant)

 

C'est sur le lac du Bourget qu'Alphonse Lamartine fit la connaissance Mme Julie Françoise Bouchaud des Herrettes, épouse du célèbre physicien Charles alors membre de l'académie des sciences et bibliothécaire de l'institut. C'est elle qui sans avoir conscience sans doute de son rôle, allait aider Lamartine à devenir immortel; et c'est elle que les méditations allaient immortaliser sous le nom d'Elvire.  Mme Charles était donc la jeune femme du septuagénaire illustre qui, en 1783 avait imaginé de gonfler avec le gaz hydrogène le léger globe hasardé dans les airs par les frères ontgolfier, et qui avait inventé du coup, l'aéronautique moderne. Née à Paris le 4 juillet 1784, d'eune mère créole, elle avait alors trente deux ans. Elle était l'une des femmes les plus en vue de la société royaliste et "bien pensante" qui donnait le ton de la mode, et qui souhaitait de le donner aussi à la littérature; le salon qu'elle tenait à l'institut, où son mari, de part ses fonctions, était logé, avait des attaches avec le faubourg ST Germain et le monde officiel. Née à Paris, elle avait cependant passé sa première enfance à l'île de St Domingue, dans la plantation de ses parents; mais à huit ans elle fut ramenée en France par son père, tandis que sa mère achevait de mourir dans l'île. C'est que les troubles qui dès le début de la révolution bouleversèrent "la perle des Antilles", avaient dévastés les domaines de sa famille; le gouvernement les avaient mis sous séquestre... En France, Julie fut placée chez une tante, comme elle en exil, et comme elle ruinée, au Havre puis à Paris. Elle remplissait elle même les devoirs d'une grande soeur auprès d'un plus jeune neveu, dont la mère - soeur de la sienne - était morte dans l'île. Les trois réfugiés obtinrent un logement de quatre pièces sous les combles. Là ils eurent fraid, ils eurent faim. L'état devait payer mais il payait peu et même pas du tout; elles envoyaient pétition sur requêtes, l'une d'elle laissant même entrevoir que le désespoir pourraient les pousser aux plus déplorables exrémités. En 1804 seulement , un frère de sa mère, memebre du corps législatif, et opulent personnage, parut s'apercevoir de leur existence; c'est grâce à lui qu'en Touraine, à 21 ans, qu'elle rencontra M Charles qui avait 58 ans. . A ce mari illustre elle départit une affection calme mais sincère. "Cette bonne Julie disait - il de sa femme".  Elle eut du succès à paraitre dans plusieurs salons mais surtout à tenir le sien. Ardente royaliste, elle semble avoir oeuvré pour sa cause, et aidé à la restauration des jeunes gens de la noblesse à retrouver titres, grades et emplois. Bientôt elle fut gagner par la mélancolie, ses amis n'eurent pas de peine à en connaitre la cause: elle se savait malade , et se devinait condamnée à une mort précoce, la phtisie(tuberculose) la minait. A l'été 1816, les médecins lui ordonnèrent consécutivement un séjour en Suisse, et une station à Aix les Bains. C'est dans ce dernier séjour qu'elle rencontra Lamartine.

Mme Charles y arriva , de Genève, où elle avait passé deux mois et demi, le 17 septembre 1816, seule avec une femme de chambre, car son mari, qui souffrait de la "pierre"(calculs rénaux) n'avait pu l'accompagner.; elle s'installa en une calme pension de famille...à proximité des eauxet dirigée par un vieux médecin le Dr Périer...Le 5 octobre, elle distingue un nouvel hôte, si différents des autres: Alphonse de Lamartine! Il arrivait de Mâcon, après avoir passé quelques jours chez son ami de collège, Louis de Vignet, qui lui avait indiqué à Aix la pension Périer. Une maladie de foie motivait vaguement son voyage...Le 10 octobre, Lamartine se promenait sur le lac du Bourget. Sa barque venait de croiser une barque plus frêle qui menait Mme Charles vers Hautecombe, lorsqu'un coup de vent soudain, ou peut être, quelques geste imprudent, mit la jeune femme en péril. Le surlendemain, Lamartine écrivant à Louis de Vignet, se vantait d'avoir "sauvé Mme Charles qui se noyait"; il ajoutait, que désormais, cette douce et bonne créature remplissait ses jours, qu'il n'était plus malade, "qu'il se sentait rajeuni, guéri, régénéré",; et il conviait son ami à venir constater le miracle...

Le 26 octobre, "l'ange" repartit, le 21 août, comme convenu , Lamartine retourna à la pensieon Perier mais Mme Charles n'y retourna jamais: elle agonisait! C'est à cette période, que Lamartine composa  les premiers vers du poême "le lac".

 

                                                     3. Méditation 10ème:
 

Le Lac

Ainsi, toujours poussé vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour?

 

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde! Je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir!

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leur flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés .

 

Un soir, t'en souvient -il? Nous voguions en silence;

On entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frrappèrent les échos;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots:

 

"O temps suspends ton vol; et vous heurs prospices!

Suspendez votre cours:

Laisser nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours!

 

"Assez de malheureux ici bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent,

Oubliez les heureux.

 

Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit;

Je dis à cette nuit: Sois plus lente; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

Aimons donc, aimons donc! De l'heure fugitive,

Hâtons nous, jouissons!

 

-------

 

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Méditations, Lamartine et moi... édition finale

                                                 4. Méditation 12(extraits):

 

La prière

Le roi brillant du jour, se couchant dans sa gloire,

descend avec lenteur de son char de victoire.

le nuage éclatant qui le cache à nos yeux 

Conserve en sillons d'or sa trace dans les cieux,

Et d'un reflet de pourpre inonde l'étendue.

Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, 

La lune se balenace aux bords de l'horizon;

Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon,

Et le voile des nuits sur les monts se déplie:

C'est l'heure où la nature , un moment recueillie,

ENtre la nuit qui tombe et le jour qui s'enfuit,

S'élève au créateur du jour et de la nuit,

Et semble offrir à Dieu, dans son brillant language

De la création le magnifique hommage ...

 

Voilà le sacrifice immense, universel!

L'univers est le temple et la terre est l'autel;  ...

 

Mais ce temple est sans voix. Où sont les saints concerts?

D'où s'élève l'hymne au roi de l'univers?

Tout se tait: mon coeur seul parle dans ce silence.

La voix de l'univers, c'est mon intelligence.

Sur les rayons d'un soir, sur les ailes du vent,

Elle s'élève à Dieu comme un parfum vivant;

Et, donnant un language à toute créature,

Prête pour l'adorer mon âme à la nature. ....

...

 

C'est toi(Dieu) que je découvre au fond de la nature,

C'est toi que je bénis dans toute créature.

Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts:

Là, quand l'aube, agitant son voile dans les airs,

Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore,

Et sème sur les monts les perles de l'aurore,

Pour moi, c'est ton regard qui, du divin séjour,

s'entrouve sur le monde et lui répand le jour.  ...

 

Oui, j'espère Seigneur en ta magnificience:

Tu n'auras pas borné le nombre de mes jours

A ces jours d'ici bas, si troublés et si courts,

Je te vois en tous lieux conserver et produire:

Celui qui peut créer dédaigne de détruire.

Témoin de ta puissance, et sûr de ta bonté,

J'attends le jour sans fin de l'immortalité. ...

 

 

Lamartine au bords du lac du Bourget tenant le calepin offert par Mme Charles sur le quel il notait les vers poétiques inspirés par sa muse mélancolie

Lamartine au bords du lac du Bourget tenant le calepin offert par Mme Charles sur le quel il notait les vers poétiques inspirés par sa muse mélancolie

Dans ce dernier poême, Lamartine déclare que l'immensité de l'univers donne la dimension divine: "l'univers est le temple et la terre son autel" . Cette comparaison évoque le sacrifice païen pour obtenir la clémence des Dieux, mais ici Dieu habite tout l'univers, la terre comparé à un autel car les souffrances terrestres apparaissent comme une offrande au Dieu de l'Univers, le chrétien offre ses souffrances à Dieu qui lui donne l'espoir de l'immortalité. L'homme apparait comme la conscience de la nature qui par son intelligence conçoit Dieu et témoigne donc de son existence, la dépendance de l'homme à Dieu son créateur se trouve ainsi réciproque: Dieu existe de part la conscience humaine de son existence. 

Comment Lamartine passe t-il ainsi du doute amer d'un créateur se souciant de l'homme au lyrisme religieux fervent? On peut s'interroger sur un moteur égocentriste: Dieu est indifférent ou inexitant quand sa propre vie est dominée par l'ennui de part son oisiveté liée à ses convictions royalistes l'empêchant de prendre une place dans l'administration ou l'armée compatible avec la fierté de sa noblesse de robe sous un régime honni bonapartiste et par la mélancolie des amours perdus, Mme Charles surtout, Dieu est une puissante bonté dont il est le poête qui le loue à travers sa création, à travers la nature, quand il retrouve foi en l'avenir: un emploi sous un régime royaliste, une carrière de diplomate au Liban et un mariage avec une jeune fille de grande noblesse malgré l'opposition initiale des parents de la mariée à cette  union. Il épousera en effet Melle Mary Ann Elisa Birch artiste française d'origine anglaise en 1820 et il en aura deux enfants, un fils Félix qui décèdera à l'âge de un an et une fille Julia qui décèdera au Liban à l'âge de 10ans. 

Mais dans la quatrième méditation, Lamartine avoue qu'il croit "d'instinct" car on ne serait admettre que ceux qu'on aime disparaissent à jamais. Le besoin d'amour dépasse notre propre existence, il lui faut l'éternité. Lamartine cependant gagnera une autre relative immortalité: celle du poête de la nature et des tourments de l'âme qui selon Maurice Levaillant aura été inspiré à la fois par Rousseau et Chateaubriant. 

                                           5.  Méditation quatrième:

 

l'Immortalité

...

Je te salue, ö mort! Libérateur céleste,

Tu ne m'apparis point sous cet aspect funeste

Que t'a prêté souvent l'épouvante ou l'erreur;

Ton bras n'est point armé d'un glaive destructeur,

Ton front n'est point cruel, ton oeil n'est point perfide

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;

Tu n'anéantis pas, tu délivres! ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin;

Quand mon oeil fatigué se ferme à la lumière,

Et l'espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuyé sur la foi, m'ouvre un monde plus beau! ...

 

Oui, tel est mon espoir,ô moitié de ma vie!

C'est par lui que déjà mon âme raffermie

A pu voir sans effroi sur tes traits enchanteurs

Se faner du printemps les brillantes couleurs;

C'est par lui que percé du trait qui me déchire,

Jeune encore, en mourant vous me verrez sourire, ...

 

"Vain espoir s'écriera le troupeau d'Epicure

Et celui dont la main disséquant la nature,

Dans un coin du cerveau nouvellement décrit

Voit penser la matière et végéter l'esprit. 

Insensé diront -ils, que trop d'orgueil abuse,

Regarde autour  de toi: tout commence et tout s'use,

Tout marche vers unterme et tout naît pour mourir: ...

Tu vois autour de toi dans la nature entière 

Les siècles entasser poussière sur poussière,

Et le temps, d'un seul pas confondant ton orgueil, 

Et l'homme, et l'homme seul, ô sublime folie!

Au fond de son tombeau croit retrouver la vie,

Et dans le tourbillon au néant emporté, 

Abattu par le temps, rêve d'éternité!"

 

Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre!

J'ai maudit votre erreur: j'aime il faut que j'espère;

Notre faible raison se trouble et se confond. 

Oui la raison se tait; mais l'instinct vous répond. ...

Entouré du chaos, de la mort, des ténèbres,

Seul, je serais debout: seul, malgré mon effroi,

E tre infaillible et bon, j'espèrerais en toi, 

Et certain du retour de l'éternelle aurore,

Sur les mondes détruits je t'attendrais encore!

 

Souvent tu t'en souviens, dans cet heureux séjour 

Ou naquit d'un regard notre immortel amour,

Tantôt sur les sommets de ces rochers antiques, 

Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques,

Sur l'aile du désir, loin du monde emportés,

Je plongeais avec toi dans ces obscurités,

Les ombres à longs plis descendant des montagnes,

Un moment à nos yeux dérobaient les campagnes;

Mais bientôt , s'avançant sans éclat et sans bruit,

Le choeur mystérieux des astres de la nuit,

Nous rendant les objets voilés à notre vue,

De ses molles lueurs revêtait l'étendue; ...

Dans ton ivresse alors tu ramenais mes yeux

Et des cieux à la terre, et de la terre aux cieux :

"Dieu caché, disais tu, la nature est ton temple! ...

 

Tu disais; et nos coeurs  unissaient leurs soupirs

Vers cet être inconnu qu'attestaient nos désirs:

A genoux devant lui, l'aimant dans ses ouvrages,

Et l'aurore et le soir portaient nos hommages

Et nos yeux enivrés contemplaient tour à tour

La terre notre exil et le ciel ton séjour. 

Ah! si dans ces instants où l'âme fugitive

S'élance et veut briser le sein qui la captive,

Ce Dieu , du haut du ciel répondant à nos voeux ,

D'un trait libérateur nous eût frappés tous deux!

Nos âmes d'un seul bond remontant vers leur source,

Ensemble auraient franchi les mondes dans leur course; 

 

A travers l'infini, sur l'aile de l'amour,

Elles auraient monté comme un rayon du jour,

Et, jusqu'à Dieu lui même arrivant éperdues,

Se seraient dans son sein pour jamais confondues!

Ces voeux nous trompaient - ils? Au néant destinés,

Est ce pour le néant que les êtres sont nés? 

Partageant le destin du corps qui la recèle, 

Dans la nuit du tombeau l'âme s'engloutit -elle?

Tombe t-elle en poussière? Ou prête à s'envoler ,

Comme un son qui n'est plus va t-elle s'exhaler?

Après un vain soupir, après l'adieu suprême

De tout ce qui t'aimait, n'est -il plus rien qui t'aime? 

Ah! sur ce grand secret n'interroge que toi!

Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds - moi!

 
--------

 

Prochain texte: mes propres méditations sur ces questions soulevés et ce que la science actuelle apporte à la réflexion, à bientôt mes amis lecteurs!

M.J.J

 

 

 

Conclusion "méditative" sur la vie et l'oeuvre de Lamartine.

 

L'amour de Lamartine pour Mme Charles a probablement été uniquement platonique si on se réfère au récit ci dessous du séjour de Mme Charles et Lamartine à la pension d'AIx du Dr Perier fait par M. Levaillant "oeuvres choisies". 

"Ils avaient échangé avec des aveux , la confidence de leur passé, de leurs ennuis, de leurs espoirs; grisés des souvenirs de Rousseau dont l'atmosphère de cette région était chargée, ils étaient convenus de maintenir entre eux les mêmes rapports de tendresse que Rousseau et Mme de Warrens; Mme Charles n'avait -elle pas six ans de plus que le jeune Lamartine? Il l'appellerait "sa mère", elle veillaerait sur lui et le guiderait comme un fils; elle l'aiderait à trouver un emploi..."

Ce programme réglé par lui , semble t-il, plus encore que par elle, dix journées coulèrent, heureuses et fugitives; l'automne était doux et précaire; on partait dès le lever pour des promenades dans la montagne avec des mulesà sonnailles menées par des guides du pays ; l'après midi on voguait sur le lac, ou Mme Charles, qui avait une jolie voix ne refusait pas de lancer aux échos quelques romance à la mode; le soir, on causait longuement, en prenant le thé autour de la chaise longue qui reposait  sa fatigue; on lisait un passage des martyrs ou bien des vers frais (poésie récente)...Près de mme Charles, Lamartine vivait en un mirage de paradis; ...

Lamartine la revit à Paris du 8 janvier au 6 mai. Il paraissait tous les soirs au salon de Mme Charles; l'après midi il la promenait, dolente et pâle, à son bras, sur la terrasse  des Tuileries, ou par les quais, si grave à son côtés , si mélancolique, que les passants le prenaient pour un frèreveillant sur la convalescence de sa soeur. La consomption en effet, travaillait  la jeune femme; il se penchait parfois sur elle avec angoisse; heures tragiques qu'il rappelait, deux ans plus tard, dans ses vers, en interpellant la providence:

Toi même de nos jours avais mêlé la trame:

Sa vie était ma vie et son âme mon âme...

Le coup que tu voulais me rendre plus terrible 

La frappa lentement pour m'être plus sensible;

Dans ses traits expirants où je lisais mon sort

J'ai vu lutter ensemble et l'amour et la mort;

J'ai vu dans ses regards la flamme de la vie

Sous la main du trépas par degrés assoupie

Se ranimer encore au souffle de l'amour!

Je disais chaque jour: Soleil encore un jour!..

 

Comme il était d'usage à cette époque avec les patient tuberculeux, Mme Charles partit ensuite à la campagne "au bon air", chez des amis, Lamartine qui espérait la retrouver lors d'un prochain séjour à Aix à la pension du Dr Perrier, ne la revit jamais, elle agonisa et mourut avant. A chacune de leur séparation, après le départ de la pension d'AIx, après, celui de Paris, Mme  charles lui avait offert un calepin de maroquin rouge où noter ses vers; le 29 août il se rendit à l'Abbaye de Hautecombe pensant à la promenade en barque qu'il fit avec Mme Charles et écrivit: "Assis sur le rocher à la fontaine intermittente, le 29 août 1817, pensant à toi . Abbaye de Hautecombe, à pic sur le lac! Séjour à choisir si..." Sur ce même carnet il écrivit les premiers vers du "Lac B" qu'il composa les jours suivants.  

Deux ans plus tard, au printemps 1918, lors d'un bref passage à Chambéry, il rencontra Melle Marianne Elisa Birch:

" Très sensibleaux arts et à la poésie, bonne musicienne et aquarelliste de quelque talent, Melle Birch avait entendu réciter par L.Vignet des poêmes de Lamartine; les avaient admirés; et elle avait exprimé le désir de connaître leur auteur." 

M. Levaillant précise dans son ouvrage: elle était "assez âgée ", elle avait 28ans ,  c'est à dire tout juste un an de moins que Lamartine", ce qui montre qu'à cette époque  il était courant que le mari soit bien plus âgé que son épouse! La mère de Marianne B s'opposa au mariage au prétexte qu'il fallait que les époux aient la même religion (Lamartine était catholique, Marianne B protestante et d'origine anglaise) et que Lamartine était sans fortune ni emploi. Marianne se convertit au catholicisme et intima à Lamartine de trouver un emploi. Lamartine connu alors le succès avec "les méditation" et enfin, faisant jouer ses protecteurs parisiens, il obtint un poste diplomatique en tant qu'attaché à l'ambassade de Naples. 

La vie semblait donc lui sourire, mais la mort allait encore frappé. Son fils, nommé Alphonse également,  meurt  en 1822 à l âge de un an, Lamartine se reprochera son décès, pensant que trop de voyages ont affaibli l'enfant. La même année il eut une fille qu'on prénomma "Julia" en souvenir de Mme Julie Charles, mais la naissance de sa fille ne saurit le consoler de la perte de son fils dira t-il. Deux ans plus tard, en 1824, les morts successives  de deux de ses soeurs l'affecte également. En 1832, c'est sa fille qui décède alors qu'il est à Beyrouth. 

Lamartine, nous l'avons vu, dit croire parce qu'il "aime" et ne peut admettre la disparition de l'amour à jamais. C'est finalement reconnaitre que le besoin de croire vient de notre besoin d'immortalité, de pérennité. Dans un magnifique poême, le premier du recueil "Révolutions" dont voici les premiers vers, montre que l'effroi face à la mort est lié à la possession matériel :

Quand l'arabe altéré, dont le puit n'a plus d'onde,

A plié le matin sa tente vagabonde

Et suspendu la source aus de ses chameaux,

Il salue en partant la citerne tarie, 

Et, sans se retourner, va chercher la patrie 

Où le désert cache ses eaux.

 

Que lui fait qu'au couchant le vent de feu se lève

Et comme un océan qui laboure la grève,

Comble derrière lui l'arrière de ses pas,

Suspends la montagne où courait la vallée,

Ou sème en flots durcis la dune amoncelée?

Il marche et ne repasse pas

 

Mais vous, peuple assis de l'occident stupide

Hommes pétrifiés dans votre orgueil timide,

Partout ou le hazard sème vos tourbillons

Vous germez comme un gland sur vos sombres collines

Vous poussez dans le roc vos stériles racines,

Vous végétez sur vos sillons!

 

Vous taillez le granit, vous entassez les briques,

Vous fondez tours , cités, trônes ou républiques:

Vousa appelez le temps, qui ne répond qu'à DIeu;

Et, comme si des jours ce Dieu vous fit maître

Vous dites à la race humaine encore à naître:

"Vis, meurs - immuable en ce lieu! ...

 

Mais ce n'est pas ainsi que le Dieu qui vous somme

Entend la destinée et les phases de l'homme; ...

 

L'oeuvre toujours finie et toujours commencée

Manifeste l'éternelle pensée: 

Chaque halte pour Dieu n'est qu'un point de départ!...

 

Cet éternel recommencement de la vie, nous le voyons mieux désormais avec les connaissances apportées par la connaissance biologique: nous sommes l'expression d'un code génétique que nous transmettons et un monde fini de gènes sur un temps indéterminé, tant qu'il n'y a pas d'extinction massive, aboutit à une rémanence génétique des individus. Par nos gènes, un jour ou l'autre, nous ressucitons! Et le paradis ou l'enfer sera le fruit de nos actions sur cette terre, de ce que nous lèguerons aux générations suivantes. Le bonheur que nous avons par exemple de ne pas perdre autant d'êtres chers dans la fleur de leur jeunesse par la tuberculose comme Lamartine nous le devons au progrès des connaissances médicales. Quant à la création , elle ne sarrête plus aux nuages, soleil et étoiles, elle trouve son origine dans un "trou noir" selon les astronomes  qui deviennent ainsi les guides mystiques de notre temps!

 

 

 

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 17:50

Résumé(extrait de Voyage artistique à Bayreuth d'Albert Lavignac:

scène 1: La scène représente le Vénusberg(royaume souterrain de Vénus). Au fond de la grotte éclairée d'une lumière rose, un lac bleu avec des sirènes et naïades. Sur les plages sont étendus des groupes amoureusement enlacés, nymphes et bacchantes dansent dans un mouvement de plus en plus effréné. Au 1er plan, un somptueux lit sur lequel est étendue Vénus. A ses pieds, la tête sur ses genoux, est Tännhauser. le chevalier semble sortir d'un songe,...il croit entendre les cloches de son pays natal...En vain Vénus tente de le calmer, le souvenir des merveiles terrestres le hante...Vénus lui rappelle quelles souffrances il endurait sur terre et les compare aux joies qu'il goûte à présent auprès d'elle. Elle l'engage à pendre sa harpe, à chanter l'amour, l'amour qui lui a conquis la déesse de la beauté. Saisissant son instrument il célèbre les enivrantes extases de la volupté de la déesse, aisant de lui l'égal des dieux...mais son chant se tremine par un cri de lassitude: il ne veut plus de ces ivresses et veut s'en éloigner à jamais. En vain Vénus tente t-elle de le retenir...il entonne l'hymne dans lequel il célèbre la beauté de sa reine et les enchantements de son  empire..., la fraîche nature, les bois verdoyants. Il supplie la déesse de le laisser partir. En proie à une violente colère, la déesse y consent enfin, souhaitant qu'il regrette amèrement son séjour chez elle qu'elle lui ferme à tout jamais, puis tente à nouveau à le séduire.

Le chevalier n'aspire qu'à la régénération, au repentir, à la mort ...il appelle à lui le  secours de la vierge Marie! Saprière est entendu, l'enchantement rompu, il est de retour dans sa vallée après une longue absence. Il y est cordialement accueilli. Dansle lointain on perçoit le choeur de vieux pèlerins se rendant à Rome. Tännhauser qui est resté dans unétat d'extase muette, tombe à genoux et demande pardon à Dieu, il pleure sur ses fautes et fait voeu de les expieren fuyant le repos et cherchant les souffrances. 

Toute la suite de l'opéra oppose l'Amour charnel considéré comme plaisir païen et coupable, à l'amour platonique et l'Amour de Dieu dans une dévote extase qui doivent animé le coeur pur des vierges et le coeur chevaleresque des hommes bien nés. Un tournoi musical est lancé par le prince du pays. Wolfram, l'ami de Tännhauser qui l'a accueilli à son retour, chante en premier: "il comprend l'amour pur et éthéré, respectueux, et le compare à une belle source limpide qu'il craindrait de troubler par son  approche. Sa seule vue le remplit d'ineffables voluptés, et il préfèrerait verser jusqu'à sa dernière goutte de sang plutôt que de le souiller à son contact. Son discours terminé il reçoit de chaleureuses approbations de l'assemblée. Mais Tännnhauser  combat cette définition de l'amour, il conçoit la passion moins idéale, plus charnelle. Il oppose les voluptés de l'amour païen à ll'extase célébré par les chevaliers. La discussion s'envenime, on sort les épées des fourreaux...Wolfram appelle l'assistance du ciel pour faire triompher la vertu par son chant, mais Tännhauser au comble de l'exaltation, évoque les jouissances passées que lui a fait connaitre la déesse Vénus. Un cri d'horreur s'élève de l'assemblée, tous s'écarte du maudit échappé du royaume de Vénus. ...Elisabeth, la vierge pure fiancée à Tännhauser, s'offre ne sacrifice à DIeu pour racheter Tännhauser afin que le ciel lui envoie la force de sa rédemption. Tännhauser s'engage alors à partir en pélerinage à Rome . Mais seul parmi des milliers, le pape lui refuse le pardon et lui promet un châtiment "dans une fournaise ardente"! Tout se termine par la mort d'Elizabeth pour racheter Tännhauser, Tannhauser tombe genoux en terre suppliant le secours de la "bienheureuse"(terme religieux, stade juste avant la sainteté qui requiere un miracle pour être reconnue) jeune fille. Il meurt accablé par la douleur et le repentir! Réapparaissent alors les pélerins revenus de Rome, leurs bâtons de marche se met à verdir sbitement et fleurir! A ce signe, la foule est dans l'allégresse et comprend que le sacrifice d'Elizabeth à l'instar de celui du christ qui meurt pour effacer les péchés et ouvrir le royaume de DIeu au pêcheur,a sauvé l'âme de Tännhauser!

Ce texte met en évidence la perversion de l'église catholique romaine qui vit dans l'amour charnel l'incarnation du péché que représente la jouissance sexuelle du monde matériel et païen. Ce que d'ailleurs évoque le 1er texte biblique avec Adam et Eve, la femme qui ne renonce pas à la séduction par ses attraits physiques est une pêcheresse séductrice, tentatrice et donc satanique. A Satan le monde de la jouissance matérielle et des sens, à Dieu le monde de l'extase mystique, de l'élévation de l'esprit. 

Mais ces deux mondes sont-ils totalement hermétiquement fermés l'un à l'autre? De la même manière qu'entre matière et énergie il y a en permanence transformation de l'une en l'autre par la célèbre formule d'Einstein E=mc2, y a t-il un lien entre l'amour mystique du religieux ou platonique du chevalier et l'amour charnel?

Certes si l'église interdit le mariage des religieux ce fut avant tout parce qu'elle entendait hériter de leur dote sans partager avec des ayant droits, d'autant qu'elle ne pouvait se prévaloir d'une injonction messianique, Jésus ayant déclaré: "Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre,comprenne." Cette déclaration de Jésus est faite après qu'il ait déclaré à ses apôtres que celui qui répudie sa femme sauf pour infédilité et en épouse une autre, commet un adultère. Ce à quoi ses disciples répondent: si tel est la condition de l'homme par rapport à la femme, il n'est pas avantageux d'être marié. Et il leur répondit: tous ne comprennent pas cette parole mais seulement ceux à qui cela a été donné. Donc, Jésus considère que tout le monde ne peut pas comprendre l'intérêt de la fidélité masculine dans le mariage, de la même manière que tous ne comprennent pas l'intérêt de devenir eunuques(dans le cas présent, renoncer à la sexualité et non pas castration) pour servir Dieu puisque les eunuques de naissances ou les castrats ne sont pas particulièrement pieux. Dans les deux cas c'est donc le caractère volontaire et non pas imposé à l'individu de la fidélité à une épouse unique ou de l'abstinence qui facilite l'accès "au royaume des cieux".

Pour comprendre ces paroles il faut tout d'abord préciser ce qu'est "le royaume des cieux". On connait les deux grands mouvements du judaïsme: le plus ancien, les sadducéens, l'âme du mort erre dans le schéol sous terre, et la conception même du messie juif, un grand prophète envoyé par DIeu qui bien souvent "revient", est tu Jérémie, es tu Isaïe? demande t-on à Jésus, en somme une "réincarnation" de même nature  et non pas sous forme animale comme dans le bouddhisme, limitée aux grands prophètes. L'homme du commun reçoit récompense ou châtiment au cours de sa vie selon qu'il suit ou non les commandements divins, il semble aussi, comme en Afrique, l'âme du défunt retrouve un corps dans la descendance que lui donne sa fille, les femmes étant considérées comme inférieurs aux hommes sans âme éternelle et simple "transmettrice". de l'esprit de son père. Cette conception se traduit bien dans le mythe d'Eve tiré de la côte d'Adam: issu d'Adam elle assure la transmission de la race d'Adam. Pour Jésus, la femme a un esprit, avec lui apparait la notion de l'amour avec un grand "A", c'est à dire il doit y avoir d'abords accord de l'esprit dans le couple avant la consommation charnelle.

Dans l'opéra Tanhauseur, l'amour sensuel, voluptueux, déïfié dans le paganisme sous les taits de Vénus devient simple "consommation" d'un amour platonique, spirituel, inspiré de l'amour divin qui procure une extase plus grande et plus permanente et Vénus une sorcière qui rend l'homme esclave de ses sens, l'enfermant dans sa condition animale, son âme dépérit, le royaume des cieux lui reste définitivement fermé, et il n'y a pas pire crime que la débauche sexuelle puisque sur des milliers de pêcheurs, Tännhauseur est le seul à qui le pape refuse l'absolution de ses fautes et lui promet l'enfer!.

- Mais revenons "au royaume de Dieu" que Jésus incite à mériter: ce n'est pas le paradis des pharisiens dont Jésus condamne l'orgueil et l'esprit belliqueux, les traitant de "race de vipères", ces derniers d'ailleurs le suivent partout afin de le prendre en faute et le faire condamner. Le paradis des pharisiens est certes  aux cieux mais ouvert qu'à la race des héros que sont les pharisiens, s'enorgueillant de descendre des Maccabés, juifs traditionnalistes (dont est issu la dernière dynastie royale juive , les hasmonéens) qui en 140 avant l'an 0, s'opposèrent à l'hellénisation de la société juive à l'instigation de juifs hellénisés, mais lorsqu'Antiochos IV , roi séleucide à qui la Judée est soumise, décide de consacrer le temple juif à Zeus, c'est la révolte des Macchabés qui chasseront le pouvoir grec de la Judée. Cet acte de bravoure selon les pharisiens est récompensé par Dieu qui leur ouvre le "paradis demeure des anges et des héros". 

- Le troisième grand courant religieux à l'époque de Jésus, c'est la gnose, répandue chez les juifs de culture hellénisante et chez les "gentils", grecs s'intéressant au judaïsme. On la retrouve aussi en Egypte, à une époque où une grande communauté juive vit à Alexandrie. L'histoire de la famille de Jésus fuyant Hérode et se réfugiant en Egypte dans l'évangile de Matthieu serait donc en faveur d'une éducation juive gnostique de l'enfant.

Pour ma part, la lecture des évangiles cannoniques et apocrytes ainsi que celle de "la guerre des juifs" de Flavius Joseph me laisse fortement à penser que Jésus était un arrière petit fils du dernier roi de Judée règnant, Hérode le grand, dont les parents étaient des iduméens convertis au judaïsme et qui hellénisa profondément la Judée dans son architecture, construisant même des temples aux Dieux greco - romains sur la fin de sa vie. Cette hypothèse soutient elle aussi l'hypothèse d'un Jésus gnostique, et d'ailleurs, des évangiles apocrytes et même certains passages des évangiles canonnique sont de nature gnostique. 

 

 

 

 

- Qu'est ce que la gnose? C'est l'ensemble des dogmes qui stipule qu'il existe un Dieu créateur , esprit pur, un DIeu de lumière qui est à l'origine d'une série de démiurges de plus en plus impurs, de plus en plus "contaminés" par la matière, le plus impur serait à l'origine de notre monde matériel, l'impureté de ce dieu créateur du monde matériel est la source de la souffrance intimement liée à la matière. Heureusement les hommes (et les femmes pour Jésus) ont une âme emprisonnée dans l'enveloppe charnel qui survit à la mort qui est même une délivrance et vit pour l'éternité dans la contemplation extasique du dieu de lumière. Pour certains juifs, ce démiurge est même "Yavhé", et dans la gnose juive, il y a seulement un Dieu de lumière et d'esprit et un Dieu mauvais créateur du monde matériel - Yavhé pour les uns, Satan pour d'autres- (ce que l'on retrouve au moyen-âge dans la religion cathare qui est un christianisme gnostique), les anges sont ses messagers, les porteurs de lumière, le messie est l'incarnation d'un grand prophète qui ne meurt pas (Hénoch, père de Mathusalem, est élevé au ciel par Dieu, Isaïe est enlevé dans les airs sur un char céleste tiré par des cheveaux), Jésus de Nazareth s'il était le messie juif ne devait donc pas mourir, sa résurrection entraina un retour de foi chez les juifs que l'on appellera "les nazaréens".

- Jésus décrit très bien et l'Amour que l'on nommera plus tard "romantique" et le royaume de DIeu: Dieu est esprit et lumière, ceux qui n'auront pas corrompu leur âme par de mauvais sentiments, verront celle ci rejoindre le Dieu pur et unique, unit à lui dans l'extase contemplative comme l'homme et la femme d'un couple amoureux  ne font qu'un, reformant l'unité de l'Adam androgyne primordial et connaissent une extase de même nature . L'extase mystique ou le sentiment amoureux sont un "avant goût" du paradis gnostique de Jésus, dans St Marc d'ailleurs il déclare: " on ne dira pas le paradis est ici, le paradis est là car voici le paradis est au milieu de vous". Condamnant en cela la vision d'un paradis céleste des pharisiens, l'apocalypse de Jean qui fait donc résider "Jésus assis sur un trône dans le ciel à droite du Père" est une hérésie aux yeux de l'enseignement nazaréen. Le concile de Nicée qui déclara tel texte canonique tel autre apocryte semble donc s'être bien plus inspiré de l'enseignement du judaïsme traditionnel que du judaïsme helleniste gnostique de Jésus! Le paradis de l'église romaine et catholique est celui des pharisiens, simplement avec plus de monde, Jésus ,qui avec St Paul est devenu "fils de Dieu", notion que pouvait bien mieux comprendre le monde romain que celui de "porteur de lumière", se sacrifiant afin que tous les pêcheurs repentants sincères puissent entrer!

- Mais en quoi la fidélité à une épouse unique(Hérode le grand eut jusqu'à 10 épouses) ou l'abstinence mystique volontaire permet - elle de connaitre le royaume de DIeu?

Il faut bien comprendre que c'est le caractère volontaire de ces deux attitudes qui permet de connaitre sur terre l'extase du royaume de Dieu, et non pas que le fait d'avoir plusieurs épouses ou une activité sexuelle régulière empêche de connaitre "le royaume de Dieu", simplement cette connaissance se fera après la mort pour ceux qui se seront sincèrement repentis de leurs péchés(et impossible de tricher, Dieu lit dans les "coeurs" ou "les âmes"?). Le bâton des pélerins qui reverdit dans l'opéra de Tännhauser est le symbole du pardon de Dieu à un repenti sincère de Tännhauser. Sauf que Jésus ne condamne pas la sensualité sexuelle, simplement elle ne permet pas de connaître "l'extase" à l'instar de l'extase du "royaume de DIeu", pas plus d'ailleurs que la polygamie bien que la monogamie semble avoir été la règle chez le peuple juif à cette époque, sans doute plus par mesure économique, mais la polygamie du roi Hérode semble n'avoir posé aucun problème, pas plus au prêtres qu'au peuple! Il condamne par contre l'adultère et la répudiation d'une épouse pour une autre(car dit - il "celui qui répudie sa femme l'incite à l'adultère). Selon la conception de Jésus, l'enfant hérite de l'esprit de son père et de sa mère au sein d'une union reconnu dans le temple par Dieu ce qui lui donne un esprit qui lui est propre mais appartient à sa famille, en cas d'adultère, l'enfant perd sa juidité de naissance. Dautre part à l'époque de Jésus les juifs se querellaient pour savoir si l'enfant hérite de l'esprit de son père ou de sa mère, entendant par là que la femme  transmet "l'esprit" de son père à son fils. Jésus répond que l'enfant a un esprit qui lui est propre qu'il tient de son père et sa mère, il nie la croyance en la réincarnation, ce qui affranchie l'enfant de ses ancêtres. C'est une révolution de pensée qui sera le moteur de l'évolution occidentale: auparavent l'enfant a l'esprit de son grand père donné par sa mère ou de son père selon deux courants de pensée, l'un liée à la déesse mère présente partout au néolithique, l'autre liée au Dieu masculin Yavhé qui donne la vie, avec Jésus, l'enfant a une personnalité propre il n'est plus contraint de servir sa famille, la fille très liée au père, cela donnait une société traditionaliste sclérosé,, là ce sont aux parents à veiller sur l'avenir de l'enfant par son éducation, la fille quitte son père et suit son mari, fini les couples vivant sous le contrôle des anciens et sous un même toit, l'enfant doit cependant respect et soutient matériel à ses parents. Jésus insiste pour instruire directement les enfants, il les fait assoir près de lui. Les disciples de Jésus vont parcourir le monde connu de l'époque. Ce courant de pensée va se retrouver dans l'église qui ouvrira les premières écoles pour les enfants pauvres, les missionnaires qui s'occupent des affaires de l'église et laisse leur famille derrière eux. Les parents doivent d'abord penser à l'avenir de leurs enfants, les aider à réaliser leur destin inspiré par DIeu et non avoir des enfants pour les servir, travailler à leur place quand ils seront devenus trop âgés. Les démocraties occidentales se sont développées sur ce terreau.

Ainsi, le courant de l'amour platonique chevalresque, puis romantique tient sa source de la conception "du royaume de DIeu" de Jésus. 

 

- Interrogeons nous maintenant en quoi la monogamie, voir l'abstinence, faciliteraient l'extase mystique ou orgasme virtuel? Cela peut - il reposer sur une base réel que peut nous apporter nos connaissances scientifiques ou est ce uniquement de l'auto - suggestion?

Je reviens à la définition de Dieu des sumériens: "un  esprit qui contient tous les esprits". Si l'homme trouve son inspiration dans la méditation mystique, n'est ce pas parce que Dieu contient toute la capacité de pensée humaine ou tous les esprits humains? Mais n'y a t-il pas aussi entre l'homme et des animaux apprivoisés évolués une compréhension qui serait de l'ordre télépathique? Donc Dieu contiendrait tous les vivants comme le concevaient les sumériens. La communication passe par les cris et le language chez les animaux les plus évolués, par les phérohormones chez les insectes, par des échos d'ultra - sons chez les baleines, tout cela afin de permettre essentiellement la réunion de deux individus et leur reproduction, une baleine peut ainsi voyager du pôle sud au pôle nord! Sans oublier évidemment la communication gestuelle ou corporelle à faible distance. Mais qu'en est -il de la communication inter - espèces? Quand des distances parcourues pour la copulation sont aussi grandes chez les mamifères,  y a t-il uniquement usage d'ultra - sons ou autres moyens visibles et répertoriés? On sait déjà que les oiseaux utilisent le champs magnétique terrestre pour se déplacer. Peut - il aussi être le lien permettant le sentiment du divin, du lien fusionnel entre individus? D'autre part quand une colonie bactérienne est soumise à un stress dans une boîte à pétri, un chercheur remarqua qu'elles adoptaient la forme géométrique la mieux adaptée pour résister au stress chimique ou physique qu'il lui imposait, de même les fourmis élaborent la fourmillière d'architecture complexe comme si chaque fourmi était un neurone d'un cerveau de la colonie fonctionnant avec des phéromones. Nous sommes nous nous même un corps électiquement chargé émettant un champs magnétique?Sommes nous, chacun d'entre nous une cellule de notre Dieu de la communauté à laquelle nous reconnaissons notre appartenance? Comment expliquer cette "divine " intuition des anciens, quand les égyptiens concevait l'origine du monde avec l'organisation du chaos primordial qui n'est pas sans évoquer le livre d'Hubert Reeves "enivre toi" qui démontre l'organisation de notre univers liée à des conditions de pression et température préçises, cette conception gnostique du Dieu pur de lumière jusqu'au démiurge matériel créateur de notre monde qui n'est pas sans évoquer l'énergie pur primordial, puis la transformation particulaire, puis l'agglomération particulaire en nuage galactique, la condensation en galaxie ou amas d'étoiles jusqu'à la formation des planètes avec à chaque étape une condensation de la matière. La force electromagnétique est universel, notre pensée peut elle s'en trouver influencé?

Quant à Jésus, dans la même optique de pensée, de part son influence universelle terrestre, s'il n'est pas né "fils de Dieu", il l'est devenu dans le sens spirituel du terme.

 

 

français ou pas, peu importe! Pour moi les chanteurs d'opéra restent incompréhensifs!

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 08:56

 -Biographie: Richard wagner naquit le 22 mai 1813 à Leipzig, fils d'un chef de police. Parmi ses  huits frères et soeurs trois embrassèrent la carrière théatrâle. Après la bataille de Leipzig  (en Allemagne du 16 au 19 octobre 1813, surnommée "la bataille des nations" et qui marqua le début de la fin pour Napoléon 1er, sa première grande défaite), une épidémie enleva le père de famille qui laissa sa veuve dans une situation précaire. Elle se remaria en 1815 avec Ludwig Geyer, acteur, dramaturge et peintre de portraits; Geyer emmena sa petite famille à Dresde, où l'appelait son engagement, et prit en grande affection le petit Richard (qui avait donc 2 ans) et l'aima comme un père, et dont il voulait faire un peintre. Mais l'enfant ne montrait peu de dispositions pour le dessin et manifestait au contraire un penchant marqué pour la musique. A son tour, son beau père décéda en 1821 quand il eut 8 ans donc. Sa mère également  aimait être entouré d'artistes, en lui enlevant son père quand il était encore nourrisson, le destin, dès son plus jeune âge l'avait plongé dans le monde artistique. A 11 ans il écrivait une 1ère tragédie en cinq actes, sa première composition musicale sera faite un an plus tard. Cette histoire n'est pas sans rappeler celle de Mozard où très tôt les prédispositions d'un enfant sont mises à profit pour une réalisation de génie adulte. A notre époque aussi, certes, des enfants sont privés d'enfance, surentrainés pour devenir des champions dans le domaine sportif ou artistique. Mais là, l'enfant n'est pas coupé de son entourage, c'est le milieu dans lequel il baigne qui détermine une vocation précoce. Une histoire sans doute à méditer. De nos jours on trouve aussi des enfants ayant une réussite adulte, ceux qui par exemple, sont plongés dans le milieu informatique familial, et qui développent une aptitude particulière dans ce domaine. Mais Wagner ne vit pas "cloîtrés" avec sa passion, en 1830, suite aux troubles de juillet, le jeune RIchard tourne uniquement ses pensées vers la politique révolutionnaire, et, s'y jetant à corps perdu, il abandonne toute étude, y compris la musique. Il entre pourtant à l'Université de Leipzig pour suivre les cours d'esthétiques et philosophie, mais il se livre surtout aux extravagances de la vie d'étudiant. Il s'en dégoûte heureusement vite et sent le besoin de se remettre à ses travaux(ce qui n'est pas sans rappeler la jeunesse trotkyste de mai 68 qui finiront par former la bourgeoisie de gauche). 

 

La trilogie de l'anneau de Nibelung, formé de quatre drames ( un prologue - l'or du Rhin - , et trois journées: la Walkyrie, SIegfried, le crépuscule des DIeux.)

-  L'or du Rhin: Alberich, le plus astucieux, le plus avide et le plus hideux des Nibelungs (gnomes), habitant dans les entrailles de la terre, voudrait séduire les nymphes du Rhin. Tour à tour, elles l'attirent, puis se moquent de lui; mais elles lui révèlent par leurs bavardages, la magie du dépôt dont elles ont la garde: l'Or  du Rhin, forgé en anneau par l'audacieux qui saura s'en rendre maître, donnera à son possesseur un pouvoir illimité sur tout l'univers, car il sera plus puyissant que les DIeux mêmes, mais à la dure et formelle condition de renoncer à tout jamais à l'amour. Humilié en amour par les nymphes, ALberich sent s'éveiller en lui une nouvelle convoitise: il renoncera à l'amour pour le pouvoir de domination de l'or. Le fleuve dès qu'il n'est plus éclairé par son joyau, s'emplit de ténèbres, dans lesquelles disparaissent les ondines à la poursuite de l'Alfe ravisseur.

- Les alfes sont des génies tantôt supérieurs et beaux, les alfes lumineux,; tantôt inférieurs, les alfes ténébreux, Alberich était un alfe noir. Ceci n'est pas sans rappeler la gnose dans l'antiquité puis chrétienne, avec un dieu "pur" entouré d'anges lumineux du monde immatériel et les démiurges malfaisants du monde matériel, Yahvé lui même, dans la gnose judéo - chrétienne, devenant le nom du démiurge imparfait du monde matériel ou Satan dans le catharisme. Jésus dans la gnose chrétienne devenant "un être de lumière" chargé de sauver les âmes emprisonnées dans leur enveloppe charnelle. 

Plus près de nous, dans "le seigneur des anneaux" de J.R.R. Tolkien, ouvrage littéraire paru en 1954 et qui donna un film à succès en 2001 avec le réalisateur Peter Jackson, on retrouve cette quête de l'anneau en or qui donne l'avidité du pouvoir et conduit à la mort son porteur, des personnages lumineux et ténébreux à savoir: Les "elfes" , personnages d'un beauté parfaite et leur parallèle, les orques, elfes morts dans la douleur, ramenés des profondeurs de la terre à la lumière par Sauron et son disciple un mage malfaisant tout comme il y a un mage "christianique", Gandal luttant contre les forces du mal. Dans l'opéra wagnérien de l'anneau de Nibelung, Siegfrid est l'archétype du héros grec, comme Hercule, et comme lui est trahi par son père, le plus grand des Dieux, Wogran comme Hercule fut trahi par Zeus, roi des dieux de l'Olympe. 

Quand le dieu Wotan reprend l'anneau par ruse à Alberich, ce dernier lance une imprécation: "Que désormais son charme engendre la mort pour quiconque le portera; ...que celui qui le possèdera soit rongé d'angoisse, et celui qui le possèdera pas dévoré d'envie; ...que nul n'en tire prfit mais soit voué à l'égorgeur; ...que la peur enchaine le lâche,..que le maïtre de l'anneau soit l'esclave de l'anneau,...et cela jusqu'à ce que le Nibelung rentre en possession du bien qui lui est ravi!"

On croirait cet extrait sorti tout droit du roman de Tolkien, et pourtant il est extrait de "l'or du Rhin" de Wagner. La fin de ce prologue de l'opéra met en scène également les trois normes qui filent le fil du destin, tout comme les moires(ou parques chez les romains), qui filent le fils du destin, une le file, une autre répare, la 3e coupe. Wagner croit donc à la prédestinée, l'homme subit son destin plutôt que de le forger, sauf le héros en arme peut changer le destin, protéger du malheur les persécutés. 

Le film de Tolkien met en avant également la cupidité des nains dont le trésor attirera le dragon qui les chassera. Dans l'or du Rhin, le DIeu Wotan a promis sa fille Fréïa déesse de la jeunesse, de l'amour et de la beauté aux géants Fasolt et Fafner pour paiment du palais construit à la demande de son épouse qui espère y garder son époux volage! Mais dès que la déesse de la jeunesse s'éloigne, les dieux semblent vieillir, Wotan s'est donc emparé de l'anneau pour payer la rançon de la déesse Fréïa aux géants. Dès que l'anneau est en leur possession, son pouvoir maléfique de la cupidité se manifeste et Fafner tue son frère Fasolt, ce qui évidemment nous ramène au crime commis par Sméagol qui devient Gollum pour voler l'anneau à son ami, dans le seigneur des anneaux. Tous les ennuis de Wottan ont donc pour origine, d'avoir préféré la possession du bien matériel à la beauté et la jeunesse incarné par Fréïa. On peut y voir une condamnation de la guerre de conquête à laquelle on sacrifie la jeunesse. Quand on connait l'engouement des nazis pour la musique de Wagner, on ne peut que regretter qu'ils n'aient pas méditer aussi sur la philosophie de cet opéra!

 

* En italique, extrait de: "le voyage artistique à Bayreuth" de Lavignac

 

- La walkyrie:

Le héros Sigmund qui devait sauver le Wahalla , royaume du Dieu Wottan gardé par les héros morts au combats, perd la protection de ce dieu dont il est le fruit d'un amour illégitime avec une mortelle. Ce dernier devant céder aux pressions faites par son épouse légitime agissant sous l'emprise de la jalousie. Le héros de Wagner est chevaleresque, il délivre la femme de la brutalité du guerrier qui l'a enlevé après avoir tué les siens.  Après avoir demandé à Brünnnhilde, la déesse de la jeunesse et de la beauté, de protéger SIgmund dans sa lutte contre son ennemi, un mari jaloux dont il a délivré l'épouse - captive, pour respecter sa promesse faite à son épouse légitime, le dieu Wottan dont elle est la fille, lui ordonne de l'abandonner, puis punira cette dernière pour avoir tout de même tenté de secourir Sigmund. Il y a là une violente critique des obligations imposées par le "devoir" au détriment de l'amour qui conduisent au désastre. Et bien sûr, la glorification de la quête de l'amour, tel le prince de la belle au bois dormant, Siegfried réveille par un baiser Brunhilde puni par Wotan, endormi sur un rocher entouré de flammes que seul un coeur pur d'un héros au coeur vierge pouvait franchir.

- Le crépuscule des Dieux

Tout se termine par l'embrasement du Walhala, la fin des DIeux, la mort du héros Sigfried, fils de Sigmund, la fin de la gloire symbolisé par la déesse Brünnhilde qui après avoir déposé le corps de son héros mort sur le bucher, se précipite à son tour avec son destrier dans les flammes. La encore, on voit une critique de la guerre qui détruit des royaumes, la gloire aussi finit par disparaitre avec la fin des héros et la misère de la guerre. L'épopée napoléonnienne aurait -elle influencé Wagner qui cependant s'inspira des Eddas scandinaves et du vieux poême des Nibelungs, mais considérablement remaniés par son art d'auteur d'opéra?

Le crépuscule des DIeux se termine sur cette recommandation de Brünnehilde au peuple: la race des Dieux est éteinte, l'univers est sans maître,; mais il lui reste un bien précieux entre tous et qu'il doit apprendre à chérir plus que l'or, plus que la gloire et la grandeur: c'est l'amour qui seul peut sortir victorieux de toutes les épreuves et donner la félicité parfaite.

 

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