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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 20:54

Dans son livre, "j'ai tiré sur le fils du mensonge", Philippe de Villiers nous raconte l'histoire de la construction européenne, un livre passionnant. Voici quelques extraits que je vais vous commenter.

L'auteur commence par nous dire que "les mémoires de Jean Monnet" un des pères fondateurs de l'Europe avec Shumann, sont commanditées par les américains et travestissent l'histoire:" il s'agit de montrer qu'il s'agit d'un shéma civilisateur né de la résistance après guerre, né dans le cerveau d'un génie humaniste: Jean Monnet. Hors Monnet, parrainé par les américains fut inspiré par Vichy, à Uriage, l'école des cadres créée par Pierre Dunoyer de Segonzac. sous l'égide du Maréchal Pétain" .

Les américains voyaient dans l'Europe un vaste marché transatlantique qui devait leur permettre d'écouler leur capacité de surproduction née dans les années de guerre. 

Plus loin, il explique: Monnet a voulu construire une Europe conforme aux objectifs américains - institutionnels, commerciaux, culturels. Il exhorta en ce sens les compatriotes de sa patrie d'adoption: "Il faut nous aider à créer un marché commun de 150 millions de consommateurs comme le vôtre, ou encore: "l'ultime objet de la CECA , c'est de contribuer à la création des Etats unis d'Europe." De la même manière que, pour les communistes, la révolution soviétique était un accomplissement de la révolution française, les Etats Unis d'Europe ne sont qu'une déclinaison génétique des Etats Unis d'Amérique, comme si les grands espaces de l'occident étaient peuplés d'indiens et de migrants. Pour Monnet, l'épaisseur historique des vieilles nations est sans importance. Il est Saint simonien: l'Europe est un espace de production et de consommation aujourd'hui entravé par les enfermements des nations. Il ne conçoit pas une Europe européenne. Il n'imagine pas une Europe sans l'Amérique. Elle sera la 51ème étoile, c'est sa chance et son destin. Le transfert vers l'EUrope des méthodes de production , des modèles de consommation, du mode de vie et des pratiques socioprofessionnelles de l'Amérique résulte de la contamination institutionnelle, notamment à l'échelle communautaire, des cadres de pensée né ou adopté originellement aux USA, sous l'impulsion de Monnetet de son fameux cercle des conjurés. 

Il évoque le "soft power" avec notamment l'obligation d'importer des films américains sans droits de douane

Le plan Marshall - écrit-il - est officiellement signé le 20 septembre 1947....l'économie française est mise sous tutelle via un organisme spécialement crée : l'ECA(European Corporation Administration). Cette formation étrangère prend alors en main la formation des élites économiques françaises... L'american way of life fut une forme de colonisation idéologique et culturelle...Les "Pères fondateurs" ont bien travaillé. Les "Etats unis d'Europe", ce sont les Etats unis en Europe.

A la toute dernière page de ses mémoires, Monnet dédicace à l'humanité entière l'aveu de ses intentions secrètes: "ai - je assez fait comprendre que la communauté que nous avons créée, n'a pas sa fin en elle même? Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et la communauté elle même n'est qu'une étape vers les formes d'organisation du monde de demain. L'Europe n'est pas un but, c'est une escale vers Globalia. Et il y a un long chemin à parcourir pour entrer dans cet ordre inouï d'une humanité techniquement organisée et unifiée. ...L'effacement progressif des Etats - nations, appartenant à des formes anciennes de pensée, préfigure l'avènement d'une cité universelle qui unira le genre humain sur les principes onusiens de libre circulation et de mixité des populations à l'échelle planétaire.

L'objectif consiste à prépare l'émergence d'une gouvernance mondiale  débarrassée des vieux attributs de la souveraineté, donc de la démocratie des peuples.  

 

 

Bien sûr, il ne s'agit là que d'un bref aperçu du livre passionnant de P. de Villiers, il conviendrait de l'étudier plus en détail. Mais faisons le point déjà avec ces éléments;

  • Les américains par deux fois se sont retrouvés impliqués dans une guerre mondiale venue d'Europe du fait d'une rivalité de puissance et le désir de l'Allemagne de devenir un empire: le désir de devenir une puissance coloniale à l'égale de la France et de la Grande Bretagne en ce qui concerne la guerre de 1914 - 1918, le désir de l'Allemagne de s'étendre à l'Est pour ce qui est de la guerre de 1939 - 1945, mais aussi avec l'idéologie nazie, de faire une Europe avec "un ordre nouveau" dominée par l'Allemagne, berceau de la pureté aryenne pour les nazis. Quoi de surprenant que les USA aient voulu créer les conditions à la fois de la prospérité avec une économie stimulée par la production de guerre, et de paix basées sur un grand marché prospère? Leurs soldats ne pouvaient avoir versé leur sang sans solution de stabilité et prospérité pour l'avenir. Le plan Marshall fut, il est vrai, une colonisation "inversée" dans le sens où les USA découlaient d'une colonisation européenne et qu'après guerre, le mode de vie, l'économie, la défense de l'Europe de l'ouest allait dépendre de l'Amérique, tout comme l'Est dépendit de l'URSS, cet empire russe. Ce fut cependant une colonisation heureuse surtout pour l'Allemagne ruinée et en ruine, et c'est avec enthousiasme, je m'en souviens dans ma jeunesse, que l'influence américaine était vécue comme l'initiation à un monde de paix sous "gouvernance" commune, c'est à dire sous des règles défendant des valeurs communes d'un "monde de progrès". En fait, dans un premier temps, sous influence américaine, cette Europe de l'Ouest héritée de la guerre dominée militairement par l'Allemagne, allait devenir une Europe sous leader chip américain et sous domination économique allemande. Cependant le fédéralisme européen n'est pas le fédéralisme américain: chaque état américain est maître chez lui, la justice indépendante, il applique ou non la peine capitale, un diplôme d'avocat reconnu dans un état peut ne pas l'être dans un autre, alors que la peine de mort interdite au niveau européen, ne peut être appliqué par un état de l'union européenne. La France de De Gaule, ne cessera par la voix du général, de se battre pour sauvegarder son indépendance, abandonnant des colonies qui à l'inverse des pays européens, étaient en recherche de dignité souveraine, encouragées la aussi par les USA dans bien des cas ainsi que par l'idéologie marxiste, un mode en fait de vassalisation à l'empire stalinien. L'idéologie nazi avait été éliminée, pas celle du marxisme, et tout naturellement l'idéologie américaine de la paix par le développement d'une économie capitaliste mondialisée, allait la remplacer et entrer en rivalité avec l'idéologie marxiste de la planification économique étatique, deux conceptions de l'humain aussi: celui du génie créatif de richesse, et celui de l'homme interchangeable et solidaire dirigé par un état qui, en théorie seulement, devait répartir équitablement la richesse fruit de l'effort commun.
  • On comprend que ce monde occidental qui s'organisait en grand marché entre pays détenant à l'époque les pointes technico - industrielles et dont divers pays colonisateur civilisateurs dont la France, administraient le reste du monde, allait être source de chaos. Les USA développaient un vaste marché, mais cette rupture brutale entre pays africains et leur administration européenne, malgré par la coopération française, ne pouvait qu'être source de déséquilibre. La colonisation "rouge" ne prit pas, et l'on assista à un retour administratif nostalgique de l'Islam, qui n'aurait pu se faire il est vrai sans les "pétrodollars" saoudiens et donc une idéologie véhiculée par le radicalisme sunnite saoudien.
  • D'autre part, Philippe de Villiers dans son livre, nous montre très bien avec la mondialisation, la difficulté de réguler le marché à cette échelle, c'est notamment le développement des paradis fiscaux, la délocalisation des entreprises qui aboutit à l'industrialisation de pays émergents et la désindustrialisation de pays comme la France où bien des français sont soucieux de préserver leurs "acquis sociaux". Et il est vrai, la démocratie à une échelle: c'est au niveau d'une communauté tribale comme on en rencontre encore en Amérique centrale ou du sud ou encore dans la cité antique d'Athènes où tous se retrouvaient à l'agora, et dans notre monde, le pays le plus démocratique est la Suisse, petit pays ayant fréquemment recours au référendum. Les empires ne sont jamais des démocraties, et dans un monde où la prise de décision, comme en Europe, est de plus en plus sous gouvernance européenne, hors de l'état- nation, la démocratie devient un leurre.
  • A tous ces maux, s'ajoute le retour de l'idéologie de "l'homme interchangeable" avec les frontières non défendues de l'Europe et un flot migratoire venu d'Afrique, main d'oeuvre bon marché pour un patronat qui se trouve en concurrence avec des pays émergents ayant une main d'oeuvre nombreuse et bon marché. Un de ces pays encore récemment classé comme "émergent" est devenu le pays banquier des USA et de l'Europe, tout en exerçant encore une attraction pour la délocalisation pour sa main d'oeuvre: la Chine.

De ces quelques observations on peut en déduire ceci: l'Europe doit avant tout être uni pour protéger ses frontières, aussi bien face à l'immigration clandestine envahissante, que face à une concurrence déloyale, une Europe politique donc dans le domaine de la politique étrangère et ouverte à la Russie, au moins en ce qui concerne le marché de la Russie européenne jusqu'à l'Oural. De la même manière elle doit se tourner vers l'Afrique du nord et subsaharienne pour un véritable plan Marshall ayant pour but à la fois de fixer la population par le développement économique, notamment par utilisation de l'énergie solaire saharien pour une production primaire pouvant également soutenir après exportation, une activité industrielle de fabrication en Europe; et soutenir une campagne active de contrôle des naissances. 

Quant à la "gouvernance mondiale", il faudrait plutôt parler de collaboration étroite aussi bien dans la lutte contre le djihad islamique, les paradis fiscaux et donc l'argent du crime, que dans la conquête spatiale ou l'écologie, notamment la lutte contre la déforestation et la protection des pollinisateurs, abeilles notamment.

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écrivain:auteur de "plaidoyer pour un monde viable"(commande aj56@live.fr)-sociologie- et "le temps des révélations" roman à thèmes, chez publibook
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